CENTENAIRE DE LA NAISSANCE DE SERIGNE CHEIKH AHMED TIDIANE SY : Serigne Abdou Rahmane Ibn Al Makhtoum magnifie un héritage spirituel au-delà des frontières familiales




 
 
 
Né le 29 décembre 1925, Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Makhtoum est célébré ce lundi à l’occasion du centenaire de sa naissance. Une date hautement symbolique qui a donné lieu au lancement officiel des activités commémoratives, marquant l’héritage spirituel, intellectuel et humain d’une figure majeure du soufisme sénégalais. À travers cette célébration, c’est l’œuvre d’un homme d’ouverture, de dialogue et de profondeur intellectuelle qui est remise au cœur de l’actualité religieuse et culturelle.
 
 
 
Lors de la cérémonie de lancement du centenaire, Serigne Abdou Rahmane Ibn Al Makhtoum a prononcé un discours sobre et profondément émouvant, révélateur de la dimension universelle de son père. Refusant toute appropriation familiale exclusive de cet héritage, il a souligné que Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy appartenait à la grande famille humaine, au-delà des appartenances religieuses ou sociales. Une manière d’insister sur l’esprit d’ouverture et de tolérance qui caractérisait le disparu.
Conscient que son père n’était pas particulièrement attaché aux cérémonies, Serigne Abdou Rahmane Ibn Al Makhtoum a néanmoins reconnu la nécessité de ces moments dans une société organisée autour des rites et des symboles. «Même si je suis le fils de Serigne Cheikh, je peux dire que  tous ceux qui sont là aujourd’hui sont aussi de sa famille. Je sais même que dans sa grande famille, il compte des gens qui ne sont pas de la même religion ou qui n’ont même pas de religion parfois. Il est évident que Serigne Cheikh n’est pas un grand fan des cérémonies. Mais puisque nous sommes dans une société qui est ainsi organisée, nous pouvons le faire», a déclaré le fils d’Al Makhtoum. Et d’ajouter : «j’ai fait un long voyage, mais je ne pouvais pas ne pas être présent ici aujourd’hui. Le plus important, c’est la commémoration, mais surtout les prières qui seront formulées ici pour lui.»
S’exprimant lors de cette cérémonie, le président du comité d’organisation, Serigne Mouhamadoul Habib Sy, dira que cette démarche commémorative devait être une occasion de mener des activités culturelles, sociales et religieuses.
Fidèle à l’esprit de générosité qui animait le défunt guide spirituel, le comité d’organisation a initié des actions sociales en perspective du centenaire. Dans cette perspective, Serigne Mouhamadoul Habib Sy a notamment évoqué les initiatives menées en faveur des daaras, ces écoles coraniques qui constituent un pilier de l’enseignement religieux au Sénégal.
Ces actions s’inscrivent dans la droite ligne de la devise de Cheikh Ahmed Tidiane Sy : «Donner, encore donner et toujours donner». Le président du comité d’organisation a rappelé que le défunt guide spirituel, fervent défenseur de l’éducation pour tous, avait consacré une partie importante de son engagement aux conférences publiques en faveur de l’instruction.
La commémoration s’appuie sur une cellule scientifique qui a mobilisé des personnalités intellectuelles et sociales de premier plan pour définir les thématiques appropriées qui rythmeront le centenaire. Parmi les membres de cette cellule scientifique figurent notamment la professeure Fatou Sow Sarr, Boubacar Sèye, président de l’Ong Horizons sans frontières. D’autres acteurs et intellectuels de renom complètent ce comité scientifique. «Cette commémoration n’a pas pour vocation de dresser un panégyrique ou d’aligner des éloges. D’autres, plus autorisés ou plus spécialisés, s’en chargeront sans doute», a précisé le président du comité. L’ambition affichée est ailleurs : évaluer l’empreinte durable de l’enseignement du guide spirituel, réfléchir à la manière de porter cet héritage et surtout de le prolonger dans le monde contemporain. «L’initiative de ce centenaire est portée par un collectif de condisciples, en cohérence avec les enseignements transmis par le défunt guide spirituel pour la promotion des activités culturelles et religieuses. Ces jeunes, pour beaucoup issus des milieux universitaires, ont fait le choix de se confronter à l’héritage d’une personnalité complexe dont l’influence continue de traverser les générations», a encore relevé le président du comité d’organisation. 
 
 
 
 
 
 
Sidy Djimby NDAO
 
 
LES ECHOS

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