Brouteurs




La transhumance ne serait-elle pas consubstantielle du landernau politique sunugaalienne ? Cette question nous turlupine depuis Léo-Poète et Njomboor. Et la pratique, après avoir été cautérisée à l’avènement de la 3e alternance, par Koromack qui en a oblitéré les voies, s’est remise au gout du jour avec la nouvelle majorité présidentielle en gestation. Dès lors, tous les chemins mènent à Kër gu mag, devenue La Mecque des transhumants. Certains y vont directement, sans tergiverser et à visage découvert, pour conserver un fromage déjà tenu en leur bec. D’autres, amarrés à d’autres quais, préfèrent louvoyer d’abord en haute mer, créer un mouvement ou un parti, voies de contournement par excellence, avant de s’arrimer comme une capsule spatiale au parasol protecteur. Mais, l’un comme l’autre donne une image de brouteur à la recherche d’herbe grasse. Car quand les convictions et les principes se diluent sur l’autel des prébendes, les caméléons deviennent rois. En tout cas, si Njomboor avait durant son magistère facilité la mutation d’anciens socialos en libéraux, il avait également légiférer pour faire perdre son mandat à tout député qui jouerait à la fille de l’air. Une mesure qui devrait toucher aujourd’hui tout détenteur de mandat qui changerait de camp.
Waa Ji
 
LES ECHOS

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