Mamadou Ba, tailleur, a été jugé hier, mardi dernier, devant la chambre criminelle de Dakar pour association de malfaiteurs, usurpation de fonction et vol avec usage de violences. À la suite des réquisitions du parquet, ce faux policier qui, par la passé, a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle pour meurtre, risque encore 20 ans dans la présente procédure.
Selon l’ordonnance de renvoi, les faits remontent à 2020. Ce jour-là, une ressortissante étrangère, Nafissa, a vu deux individus faire irruption dans son appartement après en avoir forcé la porte. Se présentant comme des policiers à la recherche de trafiquants de drogue, ils auraient fait usage de violence sur sa personne. La victime affirme avoir été giflée par l'accusé Mamadou Ba avant d’être séquestrée dans les toilettes. Les deux hommes en auraient profité pour s’emparer du coffre-fort appartenant à son époux. Parvenant à se libérer, la dame a aussitôt alerté le voisinage en criant au voleur. Alors que son acolyte présumé, Ibou Laye Sow, a réussi à se sauver, Mamadou Ba a fini par être interpellé en pleine journée par une foule en colère, qui a tenté de le lyncher. Il n’a dû son salut qu’à l’intervention rapide d’un policier. Son présumé complice, identifié comme Ibou Laye Sow, est depuis en fuite. En détention provisoire depuis 6 ans, il a été jugé hier, mardi 24 mars 2026, devant la chambre criminelle de Dakar pour association de malfaiteurs, usurpation de fonction et vol avec usage de violences.
Mamadou Ba mouille Ibou Laye Sow, toujours en fuite
À la barre, l’accusé Mamadou Ba, a catégoriquement nié les faits. Il soutient avoir été piégé par son coaccusé en fuite, Ibou Laye Sow, affirmant que c’est ce dernier qui lui a remis le sachet contenant le coffre volé. Il a d'ailleurs précisé qu'il était sur les lieux pour juste accompagner celui-ci. Toutefois, l’enquête a révélé que la clé de l’appartement de la victime a également été retrouvée en sa possession. Chose qui constitue un élément accablant, selon l’accusation.
Le procureur requiert 20 ans de réclusion criminelle
Dans son réquisitoire, le représentant du procureur a insisté sur la gravité des faits, soulignant leur caractère prémédité. "Ils se sont fait passer pour des policiers pour parvenir à leurs fins. Il y a eu une entente qui a été fait au préalable. Le vol aggravé avec la circonstance de réunion et d'effraction sont aussi constants. Ils ont commis des actes de violences sur elle. Ils sont allés mêmes jusqu'à la déshabiller, mais ces faits ont été écartés par le juge au cours de l'information", a martelé le ministère public, qui a également mis en avant le passé pénal de l’accusé, déjà condamné par le passé à 10 ans de réclusion criminelle pour meurtre, ainsi qu’à une autre peine de 8 mois pour vol aggravé. Il poursuit avant de requérir 20 ans de réclusion criminelle contre l'accusé : "c'est quelqu'un qui a un passé pénal dense. Il devait s'assagir, mais malheureusement l'emprisonnement ne lui a pas servi. Les faits sont graves, car c'est en pleine journée qu'ils ont fait un braquage en centre-ville. Vous imaginez le trouble à l'ordre public que ces faits ont causé ?".
La défense plaide la clémence
La défense, assurée par Me Pape Seny Mbodji, a, pour sa part, plaidé la clémence. L’avocat a soutenu que son client a été manipulé par le véritable cerveau de l’opération, actuellement en fuite. "Il a été utilisé", a-t-il affirmé, plaidant une application bienveillante de la loi pour son client. Le verdict est attendu le 14 avril 2026.
Fatou D. DIONE