À l’issue de la phase de poules de la Coupe d’Afrique des nations 2025, le Sénégal s’impose comme l’une des sélections les plus constantes du tournoi. Premiers de leur groupe avec sept points pris sur neuf possibles, les Lions de la Teranga ont validé leur billet pour les huitièmes de finale sans connaître la défaite. Une campagne solide, construite sur l’expérience, la rigueur et une lecture intelligente des matchs, même si tout n’a pas été parfait.
Le Sénégal termine la phase de groupes invaincu, avec deux victoires et un match nul. En trois rencontres, les Lions ont inscrit sept buts et n’en ont concédé qu’un, pour une différence de buts positive de plus 6. Ce rendement leur permet de finir en tête de leur groupe devant la RD Congo, pourtant également invaincue, mais moins efficace dans les zones de vérité. Fidèle à son identité, le Sénégal a d’abord cherché à sécuriser l’essentiel avant de gérer ses temps forts avec pragmatisme.
Pape Thiaw, continuité assumée et rotations mesurées
À la tête de la sélection, Pape Thiaw a fait le choix de la stabilité. Sur l’ensemble de la phase de poules, le sélectionneur sénégalais n’a utilisé que dix-neuf joueurs, un chiffre révélateur d’une volonté claire de préserver une ossature forte. Les cadres ont été largement sollicités, tandis que les ajustements opérés l’ont été de manière ciblée, souvent pour répondre à des contextes de match précis plutôt que par volonté de rotation massive. Cette gestion prudente de l’effectif traduit une approche tournée vers la continuité et la maîtrise.
Des systèmes adaptés aux contextes de jeu
Sur le plan tactique, le Sénégal n’est pas resté figé dans un seul schéma. Lors du premier match, Pape Thiaw a opté pour un 4-3-3 classique, système qui a permis aux Lions d’imposer un pressing mesuré, d’occuper efficacement les couloirs et de conserver un bon équilibre entre attaque et défense. C’est dans cette organisation que le collectif sénégalais a affiché le plus de fluidité.
Face à un adversaire plus regroupé, le sélectionneur a ensuite basculé vers un 4-2-3-1. Ce choix visait à densifier l’axe du jeu et à libérer Sadio Mané dans des zones plus centrales, afin de créer davantage de décalages entre les lignes. Si cette variante a apporté un meilleur contrôle du ballon, elle a parfois ralenti la projection vers l’avant.
Enfin, par séquences, notamment pour sécuriser un avantage au score lors du troisième match, le Sénégal a évolué dans une organisation proche du 3-4-3. Un dispositif plus prudent, destiné à fermer les espaces et à mieux gérer les fins de rencontre, mais qui a logiquement réduit le volume offensif.
Une solidité défensive toujours au cœur du projet
Comme lors des précédentes compétitions, la défense sénégalaise demeure l’un des socles de la performance. Avec seulement un but encaissé en trois matchs et deux clean sheet, les Lions ont rarement été mis en grande difficulté. La charnière centrale, guidée par l’expérience de Kalidou Koulibaly, a apporté sérénité et autorité, tandis que le repli collectif a souvent empêché les adversaires de s’installer durablement dans le camp sénégalais.
Une attaque efficace mais parfois lisible
Offensivement, le Sénégal a inscrit sept buts, un total correct mais qui aurait pu être plus élevé au regard des situations créées. Si plusieurs joueurs ont trouvé le chemin des filets, l’animation offensive a parfois manqué de variété. Sadio Mané, souvent ciblé par les défenses adverses, a été contraint de décrocher pour peser sur le jeu, ce qui a parfois réduit sa présence dans la surface. Face aux blocs bas, les Lions ont montré certaines limites dans la capacité à accélérer le jeu et à surprendre l’adversaire.
Des difficultés à corriger avant les matchs couperets
Derrière ce bilan positif, quelques fragilités apparaissent. Le Sénégal a parfois peiné à conserver le ballon lors de ses temps faibles, reculant excessivement et s’exposant à une pression prolongée. La créativité face aux équipes très regroupées reste également un chantier ouvert, tout comme l’efficacité dans le dernier geste, un paramètre souvent décisif en phase à élimination directe.
Un favori discret, mais toujours redoutable
Sans éclat excessif, le Sénégal avance. L’équipe donne l’impression de maîtriser son sujet, de connaître ses forces et ses limites, et surtout de savoir quand accélérer ou temporiser. Cette maturité, acquise au fil des campagnes continentales, fait des Lions de la Teranga un candidat crédible au titre. À l’approche des huitièmes de finale, le Sénégal n’a peut-être pas encore montré toute l’étendue de son potentiel, mais il reste une équipe que personne ne souhaite affronter trop tôt.
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