La Ville de Dakar veut passer à l’offensive contre les bâtiments délabrés qui constituent une menace pour les populations. Dans un communiqué publié ce jeudi, le maire de Dakar, Abass Fall, annonce la poursuite des opérations de démolition des immeubles présentant un risque pour les habitants et les usagers de la voie publique. Une initiative qui ravive le souvenir d’une précédente opération annoncée à la Médina par l’ancien sous-préfet de Dakar-Plateau, Djiby Diallo, mais qui n’avait finalement pas connu l’ampleur escomptée.
La sécurité des Dakarois semble désormais érigée en priorité par la municipalité. Abass Fall assure avoir donné des instructions à ses services techniques afin d’identifier les édifices les plus vulnérables et de prendre les mesures nécessaires pour prévenir d’éventuels drames. Selon la mairie, plusieurs bâtiments délabrés ont déjà été démolis par les services techniques municipaux dans les arrondissements de Grand-Dakar, des Almadies et des Parcelles-Assainies. Ces opérations, engagées depuis plusieurs mois, font suite à des signalements effectués auprès des autorités administratives. Le maire entend désormais accélérer le processus. Ses services techniques ont été instruits de poursuivre le recensement des bâtiments présentant des signes de fragilité sur l’ensemble du territoire communal. Cette démarche doit être menée en collaboration avec les autorités administratives, notamment les préfets et sous-préfets, afin de permettre une intervention sur les édifices considérés comme dangereux.
Le précédent de la Médina
Cette nouvelle offensive municipale rappelle une décision prise, il y a quelques années, par l’ancien sous-préfet de Dakar-Plateau, Djiby Diallo. Face à la multiplication des bâtiments en état de dégradation avancée dans la Médina, l’autorité administrative avait engagé une démarche visant à faire démolir les constructions menaçant ruine. L’initiative avait alors suscité une importante attention dans la capitale. Dans un quartier caractérisé par une forte densité urbaine, de nombreuses maisons anciennes présentent en effet des signes de vétusté, exposant parfois leurs occupants, les voisins et les passants à des risques d’effondrement. Mais la décision de l’ancien sous-préfet n’avait finalement pas abouti à une vaste opération de démolition de l’ensemble des bâtiments identifiés comme dangereux. Entre les contraintes administratives, les questions liées à la propriété, la situation des occupants et la nécessité de respecter les procédures réglementaires, le projet avait progressivement perdu de son élan.
Une opération qui veut éviter les drames
Avec la nouvelle démarche annoncée par Abass Fall, la municipalité semble vouloir tirer les enseignements de ces expériences. Le maire rappelle que la programmation des démolitions relève des préfets et sous-préfets, sur la base d’un arrêté délivré par le maire de la commune concernée. L’objectif affiché est essentiellement préventif. « Protéger des vies et éviter des drames », résume l’édile, qui veut ainsi privilégier l’anticipation plutôt que d’attendre qu’un effondrement provoque des victimes. Au-delà des démolitions, la Ville de Dakar entend également agir sur les causes du phénomène. Abass Fall annonce une campagne de sensibilisation destinée aux propriétaires et aux entrepreneurs, notamment sur le respect des normes de construction et l’entretien régulier des bâtiments. Car derrière la question des immeubles menaçant ruine se pose un problème plus large : celui du vieillissement du parc immobilier dakarois. Dans plusieurs quartiers historiques de la capitale, des bâtiments anciens cohabitent avec des constructions plus récentes, parfois sans entretien suffisant.
La municipalité veut inscrire son action dans la durée. Recenser, identifier les risques, sensibiliser les propriétaires et, lorsque cela est nécessaire, procéder à la démolition des édifices les plus dangereux : telle est la démarche annoncée par la Ville.
Fatou DIOP