Président de la Basketball Africa League (BAL), Amadou Gallo Fall était à Banjul ce vendredi 6 février 2026, en marge du congrès de l’Association internationale de la presse sportive. Entre hommage appuyé aux journalistes africains, justification de l’absence de Dakar dans la saison 6 et rappel de l’ambition économique du projet BAL, le dirigeant sénégalais s’est livré sans détour.
À Banjul, un hommage assumé à la presse sportive
Présent au congrès de l’Association internationale de la presse sportive, Amadou Gallo Fall a d’abord tenu à expliquer le sens de sa participation. Pour le patron de la BAL, cette présence n’a rien d’anecdotique. « C’est le congrès de l’Association internationale de la presse sportive. Je suis venu à Banjul pour rendre hommage et pour aussi témoigner de toute la gratitude que nous avons, au niveau de la Basketball Africa League et à mon nom propre, pour l’ensemble de la presse sportive sénégalaise, africaine et mondiale », déclare-t-il en amont.
Un hommage appuyé, particulièrement adressé aux journalistes sénégalais: « Nous avons toujours le grand plaisir de pouvoir compter sur le soutien et l’intérêt qu’ils portent à la Basketball Africa League. »
Habitué de ce rendez-vous, Gallo Fall revendique un lien ancien et assumé avec la presse,« Ce n’est pas la première fois que j’assiste à ce congrès et j’ai toujours cru que la presse sportive est un maillon extrêmement important dans nos initiatives »
Pour le président de la BAL, le rôle des médias dépasse largement la couverture événementielle. Il s’agit d’un véritable partenariat idéologique et stratégique « Pour construire une ligue du sol, il fallait s’entourer de partenaires qui ont la même vision, qui partagent cette même passion pour l’Afrique. »
« Nous voyons le sport comme un catalyseur, comme un instrument pour non seulement changer la narrative par rapport à l’Afrique, mais aussi devenir un véritable levier de développement économique. »
Chiffres à l’appui, Gallo Fall situe désormais la BAL dans un écosystème global.
« On parle maintenant d’une industrie du sport en Afrique qui vaut plus de 12 milliards de dollars et qui va atteindre les 20 milliards d’euros d’ici cinq ans. L’Afrique doit tout faire pour compter dans cet écosystème. »
Dakar out du dispositif cette saison
Question sensible : l’absence de Dakar dans la saison 6 de la BAL. Amadou Gallo Fall assume un choix dicté par une nouvelle phase du projet.
« Nous sommes une ligue panafricaine et nous sommes dans une année charnière, cette sixième saison, où nous allons vers un autre modèle avec des franchises », renchérit Mr NBA Africa. Un modèle qui impose plus de rigueur économique, selon ses dires : « Il y a encore beaucoup plus de rigueur parce que nous devons démontrer une certaine viabilité économique. »
Malgré tout, le patron de la BAL ne cache pas son attachement à Dakar : « Dakar est un super cadre pour nous. Dakar Arena, l’ambiance, les fans sénégalais, les supporters du basket qui s’y connaissent et qui sont toujours venus très nombreux. »
Mais la réalité financière rattrape l’émotion.
« Il y a une réalité économique qui n’est pas proportionnelle à l’intérêt que le public continue de montrer. »
Une décision qu’il refuse de présenter comme définitive : « ce n’est pas une fin. Ce n’est pas une décision pour le long terme. »
Un manque économique réel mais assumé
Sur l’impact économique de l’absence de la BAL à Dakar, Gallo Fall se montre lucide « Pour le moment, c’est environ 3000 emplois temporaires, directs et indirects. On met Dakar Arena sur la scène mondiale et la destination Sénégal est très visible pendant cette période. »
Un manque évident, mais aussi un investissement lourd pour l’organisation. « De notre côté, c’est un investissement très lourd. Nous avons décidé de retourner sur une formule avec deux pays pour les phases de groupe et les finales à Kigali », dit-il.
Un choix de pragmatisme.
« C’est du pragmatisme, à défaut de pouvoir compter sur un plus grand nombre de pays pour entrer en partenariat. » Une saison d’ajustement, sans compromis sur la qualité.
Le président de la BAL insiste : ces ajustements ne remettent pas en cause l’ambition sportive. « Ce sont juste des ajustements que nous sommes obligés de faire pour une saison. Cela ne va en rien diminuer la qualité du produit que nous allons proposer à nos supporters, y compris les nombreux supporters sénégalais », ajoute-t-il
La connexion avec le public sénégalais reste intacte. « Nous allons continuer à compter sur des partenaires comme la Rts qui va encore diffuser nos matchs », assure-t-il.
Des discussions sont également en cours pour maintenir une présence au Sénégal : « nous continuons les discussions avec la ville de Dakar et d’autres partenaires pour voir quel genre de manifestation nous pouvons organiser. »