BAISSE DU COUT DE LA VIE : L’ÉTAT ETABLIT DE NOUVEAUX PRIX HOMOLOGUES : 600 F Cfa pour le kg de sucre, 410 F Cfa pour le riz, 160 F Cfa pour la baguette de pain et 100 F Cfa de moins sur le litre d’huile




Comme promis, l’Etat du Sénégal a procédé à la baisse du coût de la vie. Après l’annonce des nouvelles mesures en conseil des ministres, le secrétaire général du gouvernement, en compagnie du ministre des Finances et celui en charge de l’Agriculture, est revenu largement sur cette baisse. Ahmadou Al Amine Lo, qui s’est d’abord employé à justifier la hausse des prix ces dernières années, assure que ces mesures sont les premières d’un processus qui soulagera les populations.  Le sucre cristallisé a connu une baisse de 50 F Cfa, 100 F Cfa pour l’huile, 15 F Cfa pour la baguette de pain et 40 F Cfa pour le kg de riz non parfumé.
 
 
 
Le Sénégal vient d’arrêter de nouveaux prix homologués pour certains produits dans le cadre de la baisse des prix des denrées de première nécessité. Le secrétaire général du gouvernement a fait face à la presse, hier, pour présenter les nouvelles mesures arrêtées suite aux concertations entre le Premier ministre et les acteurs concernés.
 
 
«Les marges pour une réduction des prix sont quasi inexistantes»
 
 
Le secrétaire général du gouvernement reconnaît tout de même que les marges sont quasi inexistantes. «Le régime a hérité d’une situation des finances publiques particulièrement stressée. Il aurait été plus facile de dire qu’on ne fait rien, mais le gouvernement est allé chercher les niches résiduelles pour lancer les toutes premières mesures de baisse», fait-il savoir, avant d’enchaîner : «ce processus de concertation a démarré par l’analyse des contraintes notées dans l’application des mesures de 2022 et des séances d’orientation avec le Premier ministre qui s’est investi personnellement pour rencontrer tous les acteurs concernés, puisque nous devions prendre des mesures équilibrées. Nous ne voulons pas de mesures populistes, il fallait donc se concerter».
Selon M. Lo, il faut certes réduire les prix, mais aussi veiller à l’approvisionnement du marché, à la viabilité des entreprises, mais surtout à la soutenabilité de l’effort fiscal et budgétaire. Pour le sucre cristallisé, il a été décidé d’homologuer le prix à 600 F contre 650 F qui est le prix actuel, soit une baisse de 50 F. Sur le riz brisé non parfumé, une baisse de 40 F a été fixée. Donc le prix de vente ne peut pas dépasser 410 F. Pour le riz indien qui est le moins cher, le gouvernement a engagé des discussions avec l’Inde et des bateaux transportant près de 80.000 tonnes de riz sont en route. Selon M. Lo, le Sénégal a obtenu de l’Inde un quota qui permettra d’avoir le kilo de riz indien à 400 F à partir du mois d’août 2024. Pour l’huile raffinée, une baisse de 100 F sur le litre sera appliquée. Pour le pain, affirme le secrétaire général du gouvernement, les échanges ont été ardus et soutenus avec les acteurs. Et à l’issue, il a été opéré une baisse de 15 F en attendant de poursuivre les échanges avec les meuniers. Donc la baguette va passer de 175 F à 160 au travers de la suspension des droits de douane sur le blé et la TVA sur la farine de blé.
 
 
«Pour le ciment à base d’habitation, les 2000 F Cfa de taxes parafiscales sont suspendus»
 
 
En ce qui concerne le ciment à base d’habitation, la taxe parafiscale de 2000 F qui devait aller à l’enveloppe pour la construction des logements sociales est suspendue, en attendant que le projet des 100.000 logements soit redéfini. Les grandes entreprises devront continuer à s’acquitter de cette taxe.
 
«Le foncier de Mbour 4 affecté à des promoteurs… pour faciliter l’accès au logement»
 
Mises à part ces mesures, renseigne Ahmadou Al Amine Lo, le gouvernement a aussi décidé d’affecter le foncier de Mbour 4 et d’autres sites à des promoteurs pour leur mise en valeur afin de faciliter l’accès au logement.  Il y a aussi le digital, notamment les données mobiles pour lesquelles les trois opérateurs ont répondu à l’appel de l’Etat pour une baisse des coûts d’accès. Le secrétaire général du gouvernement n’a pas oublié de mentionner la baisse du prix des engrais qui a été, selon lui, l’une des premières mesures du gouvernement avec un recul de 22% du prix. D’après ce dernier, les paysans ont pu bénéficier d’une économie de 7,5 milliards sur l’approvisionnement en engrais.
Ces baisses, souligne-t-il, vont aller avec des mesures d’accompagnement dont la régulation et la maîtrise des prix par le renforcement du contrôle économique. Il fait donc un appel aux citoyens pour qu’ils soient des acteurs de la surveillance des prix homologués.
Pour assurer cette régulation, le gouvernement va revenir au système des magasins témoins dans toutes les localités. Il y a également le marquage des importations et la digitalisation.
Levant un coin du voile sur la Déclaration de politique générale du Premier ministre, le secrétaire général du gouvernement soutient qu’un nouveau référentiel de politique économique et sociale sera mis en œuvre avec une vision sur 25 années. Une vision qui met la souveraineté alimentaire au centre des préoccupations et avec de très grandes réalisations attendues dès ce premier plan quinquennal. L’objectif, c’est d’avoir un coût de la vie au Sénégal parmi les moins chers en Afrique, en boostant la production locale, mais surtout en réduisant les coûts engendrés par l’intermédiation non indispensable.
 
 
«Pour l’approvisionnement en produits essentiels, l’Etat va engager des appels d’offres»
 
 
Ce qui a été retenu, c’est que désormais, pour l’approvisionnement en produits essentiels, l’Etat va engager des appels d’offres. «Il y a des marges qui ne s’expliquent pas, parce qu’il est anormal qu’un produit pétrolier coûte moins cher au Mali qu’au Sénégal».
M. Lo révèle aussi que la délivrance des déclarations d’importation de produits alimentaires sera conditionnée à une implication dans la production et où la commercialisation de produits alimentaires cultivés localement. «Nous allons diversifier les sources d’approvisionnement en pétrole du Sénégal. Le gouvernement est engagé aussi à une réduction du train de vie de l’Etat et tout gain tiré de cette réduction sera réinvesti sur le filet social. D’ores et déjà, il a été décidé de centraliser toutes les commandes publiques. En dernier lieu, les mesures de subventions seront ciblées», renseigne Ahmadou Al Amine Lo.
 
Ndèye Khady D. FALL
 
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