Battus 3-2 par les États-Unis dimanche à Charlotte pour leur premier match de préparation à la Coupe du monde 2026, les Lions de la Téranga ont laissé entrevoir des promesses malgré le revers. Présent au bord du terrain, le premier vice-président de la Fédération sénégalaise de football, Babacar Ndiaye, a appelé au calme. Entre difficultés logistiques, décalage horaire, terrain compliqué et phase de rodage, le dirigeant fédéral estime que cette défaite doit être relativisée à quelques jours de l’entrée dans le vif du sujet.
Quelques minutes après la défaite du Sénégal face aux États-Unis (3-2), dimanche à Charlotte, le premier vice-président de la Fédération sénégalaise de football, Babacar Ndiaye, a livré son analyse de la rencontre à "Les Echos". Tout en reconnaissant les insuffisances affichées par les Lions, le dirigeant fédéral a invité à relativiser ce revers, mettant en avant le contexte de préparation, les conditions de jeu et les nombreux enseignements tirés par le staff de Pape Thiaw à l’approche de la Coupe du monde 2026.
Un hommage aux supporters sénégalais
Sur le plan sportif, Babacar Ndiaye refuse de tirer des conclusions hâtives après cette première sortie. Pour lui, plusieurs facteurs doivent être pris en compte, notamment le décalage horaire et les conditions de jeu.« Il y a cinq à six heures de décalage avec Dakar. L’adaptation demande du temps. En plus, le terrain était très lourd et le ballon circulait difficilement », a-t-il souligné. Le responsable fédéral insiste toutefois sur le fait qu’il ne s’agit pas de chercher des excuses. « Une défaite reste une défaite et nous n’y sommes pas habitués. Mais nous sommes dans une phase de préparation. Il faut analyser ce qui n’a pas marché et continuer à travailler. »
Les Lions déjà plongés dans les conditions du Mondial
Pour la Fsf, le principal objectif de ce stage américain est de permettre aux joueurs de s’adapter aux réalités de la Coupe du monde 2026. L’arrivée précoce de la sélection aux États-Unis répond précisément à cette logique. « C’est une très bonne chose d’être venu dix à quinze jours avant la compétition. L’alimentation, le climat, les horaires et les déplacements sont complètement différents. Les joueurs doivent s’y habituer », a expliqué Babacar Ndiaye. Le dirigeant estime que cette préparation grandeur nature constituera un avantage au moment du tournoi.
Pape Thiaw dans son rôle
Interrogé sur les nombreux changements opérés par Pape Thiaw face aux Américains, le vice-président de la Fsf défend pleinement les choix du sélectionneur. Pour lui, les matchs amicaux servent justement à tester de nouvelles options et à évaluer l’ensemble du groupe avant de transmettre la liste définitive des 26 joueurs à la FIFA. « S’il ne teste pas aujourd’hui, quand le fera-t-il ? Les cadres sont déjà connus. Mais il faut voir ce que peuvent apporter les autres. » Babacar Ndiaye s’est notamment réjoui des prestations de plusieurs joueurs moins attendus. « Sapoko Ndiaye a montré de belles choses. On a également vu Moustapha Mbow, Chérif Ndiaye ou encore Bamba Dieng. Ce sont des enseignements importants pour le staff. »
Une préparation pensée pour le Mondial
Alors que certains observateurs s’interrogent sur l’intensité des déplacements imposés aux joueurs entre Raleigh, Charlotte, San Antonio et les prochaines destinations, Babacar Ndiaye estime au contraire que ces voyages constituent un élément essentiel de la préparation. La Coupe du monde 2026 se disputera sur trois pays – les Etats-Unis, le Canada et le Mexique – et les sélections devront enchaîner de nombreux trajets. « Les joueurs sont mis dans les conditions réelles de la compétition. Demain, il faudra voyager entre plusieurs pays. Mieux vaut s’y habituer dès maintenant. » Selon lui, l’encadrement médical dispose de tous les outils nécessaires pour accompagner les joueurs dans cette phase d’adaptation. « Ce sont des professionnels habitués à jouer quarante-cinq ou cinquante matchs par saison. Ils sont parfaitement encadrés. »
Cap sur l’Arabie Saoudite
Malgré la défaite contre les Américains, le premier vice-président de la Fsf se veut résolument optimiste pour la suite de la préparation. Entre les absences, les blessures et les nombreux essais effectués par le staff technique, il estime que ce premier rendez-vous a surtout permis de recueillir de précieux enseignements avant le deuxième match amical face à l’Arabie Saoudite. « Il y a des motifs de satisfaction et d’autres aspects à améliorer. Nous allons continuer à travailler. Je n’ai aucune inquiétude pour cette équipe. »
Un message de confiance lancé à quelques heures d’un autre rendez-vous important, alors que la liste définitive des 26 Lions appelés à défendre les couleurs du Sénégal au Mondial doit être transmise à la Fifa.
Ahmadou KANE
Correspondant permanent Les echos à New York