AUDIENCE DES RÉFÉRÉS : L'ancien député Omar Sy, patron de la société Egbos, perd son procès contre les héritiers de feue Thiaba Diène




 
 
 
Après avoir assigné les héritiers de feue Thiaba Diène et d'autres personnes devant le juge des référés pour rétractation d'une ordonnance rendue par le tribunal de Dakar, l'ancien député Oumar Sy et patron de Egbos a perdu son procès. Car, le tribunal a rendu son verdict en faveur de ces héritiers notamment le refus en ce qui concerne la rétractation de l'ordonnance numéro 82 du 12 février 2024. 
 
 
 
 
Une partie du litige foncier opposant les héritiers de feu Thiaba Diène représentés par Cheikh Ndir et l'ancien député libéral et patron de la société Egbos, "Entreprise générale de bâtiment Omar Sy" a été examiné par le juge des référés du tribunal de Dakar lundi 2 février dernier. C'est Omar Sy qui avait saisi le juge des référés d'une assignation contre les héritiers de feue Thiaba Diène, deux autres comparants à savoir Djiby Diop et Thierno Niang, ainsi que le Port autonome de Dakar. Malheureusement, l'homme politique a perdu son procès.
En effet, à la date du 3 novembre 2025, la société Egbos a assigné les héritiers Thiaba Diène pour la rétractation de l'ordonnance numéro 82 du 12 février 2024 rendue par le tribunal de grande instance de Dakar au profit des héritiers de feue Thiaba Diene. Alors que ces derniers lui imputent de s'être frauduleusement attribués leurs terrains. Omar Sy, dans sa requête déposée devant le juge, avait déclaré que par un arrêté numéro 046031 en date du 22 décembre 2021, il a été accordé à la société Egbos l'autorisation de lotir une partie du titre foncier numéro 5438/NGA ainsi qu'un terrain non immatriculé situé à Ouest/Foire, d'une superficie globale de 10 hectares environ. Il a ainsi déclaré que cette autorisation a été abrogée et remplacée par l'arrêté numéro 001101 du 15 janvier 2024 faisant maintenant que les droits fonciers antérieurement reconnus à la société Egbos sur les assiettes concernées. Ce faisant, dit-il, conformément aux dispositions de cet arrêté, la société Egbos a procédé à des morcellements réguliers et a obtenu les autorisations administratives nécessaires auprès des autorités compétentes, y compris un procès-verbal de réception des travaux d'implantation daté du 9 octobre 2025, émis par le bureau du Cadastre.
 
Les moyens soulevés par Omar Sy
 
 
À cela, dit-il, il s'ajoute qu'aucune décision judiciaire ni administrative n'est intervenue pour annuler ou suspendre ces droits et que la société Egbos justifie d'un droit de propriété fondé sur des actes réguliers de l'administration. Omar Sy précisait qu'il ressort des pièces versées au dossier que toutes les conditions nécessaires ont été strictement respectées par la société Egbos dans cette affaire. Et qu’aucune décision de justice ou administrative n'est venue pour remettre en cause les droits de la société Egbos sur les assiettes foncières querellées. Contrairement aux assertions des héritiers de feue Thiaba Diène, précise-t-il, et malgré l'arrêté de 2021 et l'arrêté du 16 septembre 2022 ainsi que tous les actes subséquents qui ont bien confirmé les droits de la société Egbos sur les différentes assiettes foncières. Ce qui lui a fait dire que Egbos a légalement acquis et dispose de toutes les preuves attestant qu'elle est propriétaire de l’assiette foncière querellée.
En sus, ajoute-t-il, les héritiers de feue Thiaba Diène n'ont jamais exercé de recours en annulation contre l'arrêté du 16 septembre 2022 qui confirme les droits de la société Egbos et que cet arrêté est toujours en vigueur n'ayant fait l'objet d'aucune abrogation ni retrait. Ainsi, Omar Sy affirme que la contestation de leur part vise uniquement à obtenir par voie judiciaire ce qu'ils n'ont pu obtenir par voie administrative. À cet effet, Omar Sy a accusé les héritiers de feue Thiaba Diène d'avoir volontairement dissimulé aux juridictions saisies Ies arrêtés et actes administratifs en faveur de la société Egbos, obtenant ainsi une ordonnance. Au regard des éléments objectifs du dossier, atteste-t-il, l’assiette foncière querellée appartient à la société Egbos dont le nom figure sur les actes administratifs. Il a d’ailleurs demandé que le juge rapporte sa décision ou la modifie et ce, en cas de survenance de circonstances nouvelles qui obligeraient. En définitive, il a sollicité que l'on prononce la cessation de ce "trouble anormal" en ordonnant la rétractation de l'ordonnance numéro 82 du 12/02/2024 et toutes les décisions subséquentes.
Malheureusement pour Omar Sy, le juge des référés, en statuant lundi dernier, a constaté "l'irrégularité des constructions érigées sur la servitude passage située devant la villa n°7466 à Sicap Mermoz. Outre ce fait, il a ordonné l'arrêt des travaux érigés sur la servitude passage située devant la villa n°7466 à Sicap Mermoz ainsi que la destruction de l'ouvrage y construit, ce, à la charge de la Sci Lans Mouhamadou Lamine Fall, sous astreinte de 100.000 F Cfa par jour de retard à compter de la signification de la présente décision. Et mieux encore, le juge a rejeté la fin de non-recevoir et la demande de sursis à statuer qu'il avait formulé. Le tribunal a enfin indiqué qu'il n'y a lieu à rétractation de l'ordonnance n°82 du 12 février 2024.
 
Fatou D. DIONE
 
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