Le Tribunal des flagrants délits du Pool judiciaire financier va se pencher aujourd’hui sur une affaire d’abus de confiance, de faux et usage de faux au préjudice de la société Addoha, mais également de 55 autres personnes, notamment des émigrés sénégalais. Le montant du préjudice est estimé par la société immobilière à 700 millions de francs. A la barre du Tribunal, va comparaître Fatima Marame Fall, agent commercial à Addoha. Elle avait reconnu une partie des faits et avoué avoir utilisé l’argent aux jeux Casino. L’affaire, renvoyée une première fois, devrait être retenue aujourd’hui.
Une addiction aux jeux Casino, c’est ce qui aurait conduit Fatima Marame Fall à gruger des clients de la société Addoha où elle travaille comme agent commercial. Le montant du préjudice est estimé par la société immobilière à 700 millions de nos francs. Faute avouée est à moitié pardonnée, mais cela va-t-elle lui servir devant le juge des flagrants délits ? Car, c’est aujourd’hui, qu’elle va comparaître devant le juge correctionnel du Pool judiciaire financier. En effet, selon la nouvelle loi sur le Pjf, tout détournement dépassant un million de francs est de sa compétence. L’affaire, renvoyée une première fois, devrait être plaidée aujourd’hui.
Devant les enquêteurs, Fatima Marama Fall a reconnu avoir utilisé l’argent pour jouer aux Casino. Les pandores ont vérifié cette affirmation en interrogeant un directeur d’un Casino de la place qui a confirmé qu’elle venait souvent jouer à son commerce. Selon les enquêteurs de la brigade de recherches de Faidherbe, elle a reconnu, dans un premier temps avoir détourné 200 millions de francs. Seulement plus tard, l’entreprise immobilière, après des investigations, a constaté qu’il s’agit d’environ 700 millions de francs. En fait, ce sont 55 clients au total qui ont été grugés dans cette affaire. Addoha, une entreprise immobilière gérée par des Marocains, construit des appartements pour les revendre, notamment ceux sis à la Cité de l’Emergence.
Fatima Marame Fall était chargée de la clientèle ; elle présentait les produits aux clients. Selon la direction, les clients devaient verser l’argent directement dans un compte de la société logé dans une banque de la place et lorsque le coût de l’appartement est soldé, l’acquéreur récupère sa clé. Mais, l’agent commercial s’arrangeait avec les clients qui lui envoyaient parfois l’argent directement. Elle leur produisait de fausses factures avec en-tête de la société, etc., tout en leur faisant croire qu’ils vont bientôt terminer et récupérer leurs maisons. Les clients se trouvant à l’étranger envoyaient parfois leurs parents qui étaient reçus par la dame qui leur remettaient un reçu après versement. C’est ainsi qu’au bout de deux ans environ, un client est passé à la société pour récupérer ses clés estimant avoir payé l’intégralité du montant de l’appartement.
A sa grande surprise, après vérification, la direction lui a fait comprendre qu’il lui manquait 4 millions de francs. Le client conteste et présente ses factures remises par l’agent commercial. Les choses commencent alors à s’enchainer. L’entreprise fait ses investigations et constate que le préjudice est beaucoup plus énorme. Des clients se présentent dont certains justifient un versement de 20 millions, alors que la comptabilité ne révèle que 10 millions etc. Certains clients sont ainsi grugés à hauteur de 17 millions, d’autres 10 millions etc. Au total 55 clients ont été préjudiciés dont 4 clients ont porté plainte directement contre Addoha et les autres d’ester en justice contre la dame. Du coup, la question de la qualité à agir entre en jeu. Pour ce qui la concerne la société Addoha estime avoir été lésée du moment où c’est en son nom que la dame a encaissé les sous. Elle se constitue donc partie civile estimant avoir qualité à agir. De l’autre côté les clients se présentent aussi comme partie civile. Du coup cette affaire soulèvera véritablement un débat juridique à ce niveau avec les avocats de la défense.
Toujours est-il que, de son côté, la société immobilière s’est rapprochée de certains clients pour trouver une solution à l’amiable.
Fatima Marame Fall, malgré ses aveux partiels, reste toujours présumée innocente.
Alassane DRAME