La signature d’un nouveau programme avec le Fmi tant espérée par les autorités n’a pas été effective au terme d’une mission dirigée par Mme Vera Martin à Dakar. En effet, le Fmi préconise encore et toujours le dialogue en vue d'arriver à la consolidation budgétaire, à la réduction des vulnérabilités liées à la dette, etc. Autant de conditions exigibles en dépit de la résilience de l’économie sénégalaise.
Le Fonds monétaire international (Fmi) marque toujours le pas en ce qui concerne la signature d’un nouveau programme avec le Sénégal. Bien que la demande ait été réitérée par les autorités sénégalaises au cheffe de mission du Fmi, Mme Vera Martin, au cours du séjour de ses services à Dakar, du 15 au 19 juin dernier, le Fonds se réfugie derrière le prétexte de la dette pour retarder ce nouveau programme tant attendu et en dépit des résultats encourageants enregistrés dans l’évolution de la situation macroéconomique de notre pays. « Les services du Fmi continueront de dialoguer avec les autorités sur leurs politiques et priorités de réforme susceptibles d’être appuyées par un accord avec le Fmi. Celles-ci comprennent des mesures visant à soutenir la consolidation budgétaire et à réduire les vulnérabilités liées à la dette, à renforcer la gestion de la dette, à améliorer la gouvernance publique et à promouvoir une croissance inclusive et durable », a annoncé Mme Martin qui dit réaffirmer l’engagement du Fmi à accompagner le Sénégal en ces temps difficiles. Lors de cette mission, les discussions ont, entre autres, porté sur l’évaluation de l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur l’économie et les finances publiques sénégalaises ; la conception de réformes visant à stimuler la croissance, à renforcer les filets de protection sociale et à consolider la gouvernance ; etc.
Des mesures correctives en vue de la clôture du dossier de misreporting
Au cours du séjour à Dakar de l’équipe du Fmi, Vera Martin est revenue sur le contenu des discussions techniques avec les autorités sénégalaises. « L’équipe a salué l’engagement continu des autorités ainsi que leur volonté de remédier aux vulnérabilités révélées par la communication passée de données erronées, notamment par des réformes visant à renforcer la gestion des finances publiques, la gouvernance budgétaire et la transparence. Elle a également salué les réformes institutionnelles visant à unifier les fonctions de gestion de la dette, mesure corrective essentielle dans le processus de régularisation de ces erreurs de déclarations. La poursuite d’actions décisives sera essentielle pour favoriser les progrès vers la clôture du dossier de misreporting », a expliqué la cheffe de mission du Fmi.
Forte réduction du déficit budgétaire qui passe de 13,4% du Pib en 2024 à 6,4% du Pib en 2025
Poursuivant, Mme Vera Martin a reconnu que l’économie sénégalaise a fait preuve de résilience, même si elle est confrontée, dit-elle, à une situation économique difficile dans un contexte mondial éprouvant. « La croissance du Pib réel a atteint 6,7% en 2025, portée par une forte expansion du secteur des hydrocarbures. Le déficit du compte courant s’est sensiblement réduit en 2025, sous l’effet des exportations de pétrole et de la compression des importations. Le déficit budgétaire global s’est fortement réduit, passant de 13,4% du Pib en 2024 à 6,4% du Pib en 2025, principalement grâce à la rationalisation des dépenses, mais les vulnérabilités budgétaires liées à la dette demeurent élevées », fait remarquer la cheffe de mission du Fmi qui souligne, en outre, que les perspectives à court terme sont soumises à des risques élevés.
Un contexte de vulnérabilités élevées lié à la dette
Toujours, de l’avis de Mme Vera Martin, la hausse des cours mondiaux du pétrole depuis le début de la guerre au Moyen-Orient devrait exercer une pression supplémentaire sur les finances publiques du Sénégal cette année, compte tenu du coût budgétaire des subventions non ciblées. En effet, dans un contexte de vulnérabilités élevées liées à la dette, l’accentuation de l’incertitude mondiale et le durcissement des conditions financières pourraient aggraver davantage les pressions de financement. Pour rappel, lors de cette mission, l’équipe du Fmi a rencontrée Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lo, le Ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, entre autres personnalités.
M. CISS