Face à des attaques jugées diffamatoires, répétées et dangereuses pour la cohésion nationale, la Fédération des dahiras tidianes de Dakar et de la banlieue est sortie de sa réserve. En conférence de presse, hier, elle dénonce des dérives passibles de sanctions juridiques, appelle les autorités politiques et judiciaires à prendre leurs responsabilités et prévient : les institutions religieuses ne sauraient être livrées à l’impunité médiatique et numérique.
La Fédération des dahiras tidianes de Dakar et de la banlieue, par la voix de son président Abdourahmane Paye, a exprimé sa vive indignation face à ce qu’elle qualifie d’«attaques d’une rare violence» contre l’une des institutions majeures de la hadara de Seydi El Hadji Malick Sy (rta), incarnée par Serigne Moustapha Sy Al Amine.
Selon la Fédération, les propos prêtés au guide religieux ont été «déformés, sortis de leur contexte et instrumentalisés», malgré les clarifications publiques apportées par l’intéressé lui-même à Tivaouane, lors de la Ziaara de la section Mouqtafina de Rufisque. Loin de s’estomper, ces attaques se seraient intensifiées, encouragées par la prise de parole d’un responsable politique et député, ouvrant la voie à une campagne de dénigrement amplifiée sur les réseaux sociaux.
Une alerte sur les dérives numériques et la responsabilité pénale
Pour la Fédération, ces agissements ne relèvent plus de la simple polémique. Ils constituent des dérives graves qui engagent la responsabilité de leurs auteurs. «Il est temps de siffler la fin de la récréation et de juguler ces pratiques construites et entretenues par les moyens de diffusion numérique», avertit Abdourahmane Paye, soulignant que la liberté d’expression ne saurait couvrir l’atteinte à l’honneur, à la dignité et à la paix sociale. La Fédération se dit insensible aux «excuses après coup» et appelle solennellement les autorités judiciaires à faire respecter la loi face à des propos et comportements susceptibles de troubler l’ordre public et de fragiliser l’unité nationale.
Défense des institutions religieuses et de la cohésion nationale
Dans un pays où la religion constitue un pilier historique de la stabilité sociale, la Fédération rappelle que les guides religieux ont été de tous les combats pour l’émancipation du peuple et la consolidation de la conscience citoyenne. «Ce Sénégal que certains tentent de redéfinir ne peut prospérer tant que ses fondements spirituels demeurent solides», souligne la déclaration, insistant sur le rôle central des foyers religieux dans la préservation du vivre-ensemble. Les attaques contre ces institutions sont ainsi perçues comme une menace directe contre la cohésion nationale, la paix sociale et les valeurs traditionnelles de Yarr, Teggin et Yiiw, socle du vivre-ensemble sénégalais.
La Fédération a tenu à rappeler le profil et l’engagement de Serigne Moustapha Sy Al Amine, présenté comme «un guide religieux multidimensionnel éducateur, formateur et acteur du développement socioéconomique, dans la lignée de son père Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine (ra)». Ancré dans la citoyenneté et les valeurs républicaines, Serigne Moustapha Sy Al Amine, selon la Fédération, «dispose pleinement du droit de se prononcer sur la marche du pays. Leader d’opinion respecté, il rassemble des condisciples issus de diverses sensibilités politiques, au Sénégal comme à l’international, ce qui conforte son rôle transversal dans la société».
BMS