En dépit des pas de géant dans les filières agricoles et d’élevage, la productivité reste trop souvent freinée par des goulots d’étranglement que les ministres de l’agriculture et de l’industrie ont décidé de lever à l’occasion d’un atelier conjoint de coordination en vue de booster le secteur agroindustriel.
Le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’élevage et le ministère de l’Industrie et du Commerce ont décidé de travailler main dans la main pour identifier les goulots dérangements qui freinent le secteur agroindustriel en vue de le booster. Un atelier pour la mise en place d’un mécanisme conjoint de planification, de transformation et de commercialisation des produits agricoles et d’élevage a été initié à cet effet en présence des deux ministres, en l’occurrence Serigne Guèye Diop et Cheikh Oumar Ba. Selon le ministre d’industrie et du Commerce, les problèmes dans l’agriculture sont les mêmes dans l’industrie. Il s’agit, à l’en croire de la sous production, de la faible commercialisation des produits, du problème de stockage, de financement, de statistiques, faibles rendements, d’exportation, mais aussi des problèmes de transformation au niveau de la Sonacos qui n’est pas en mesure de transformer toute la production locale. Ce qui fait dire à Serigne Guèye Diop que l’avenir de l’économie de notre pays se joue dans la capacité des deux ministères à mieux travailler ensemble en bloc soudé dans l’efficacité. « Le constat est clair : la production sans transformation reste une valeur ajoutée qui s’envole, qui est caduque. Et dans la Vision Sénégal 2050 l’option de l’Etat est de transformer les matières premières sur place pour créer des emplois pour les jeunes et les femmes et plus de richesses dans notre pays. Lorsque nos agriculteurs peinent à écouler leurs récoltes, lorsque des pertes post-récoltes viennent réduire à néant des mois de labeur, lorsque la concurrence internationale étouffe les efforts de nos producteurs locaux, c’est notre souveraineté tout entière qui est mise à mal », expliquée ministre. A l’en croire, selon les dernières statistiques du ministère de l’agriculture, 59% de la population sont dans le secteur agricole, soit 10 millions de personnes. Or, la contribution de ce secteur primaire au Pib est seulement entre 13 et 15%. Pour le secteur secondaire, l’industrie, dit-il, représente 25% du Pib pour 400 mille entreprises. Pire, il relève que cette contribution n’a pas évolué depuis 10 ans. Ce qui lui fait dire que ces deux secteurs ne marchent pas. Idem pour les autres secteurs car, de l’avis du ministre, la productivité et la transformation ne sont pas au rendez-vous. « Il faut booster le secteur secondaire qui va tirer le secteur primaire », dit-il. En effet, il est persuadé que sans cette collaboration entre l’agriculture et l’industrie, le système ne peut pas marcher. Poursuivant, il dit s’inscrire dans une dynamique de protection des producteurs locaux dans toutes les filières, notamment le riz en annonçant un prélèvement de 8 francs sur chaque kilo de riz importé qui, dit-il, vont aller dans une caisse de péréquation et de stabilisation des prix soit un montant total de 13 à 15 milliards pour subventionner le riz local de 50 ou 100 francs pour que le prix du riz local soit toujours inférieur au prix du riz importé. Pour sa part, le ministre de l’agriculture Cheikh Oumar Ba regrette de constater que les efforts engagés se soldent souvent par des méventes et des pertes post-récoltes très importantes. A titre illustration, il revient sur une étude qui évalue les pertes post-récoltes dans le seul département de Podor l’année dernière à 5,6 milliards. « Ces situations ont fini d’installer nos producteurs, notamment nos horticulteurs dans des crises cycliques qui surviennent pour des problèmes de synchronisation insuffisante entre les calendriers de production, nos capacités de stockage, de conservation, de transformation et des opportunités de commercialisation qu’elles soient sur le plan national ou régional », se désole de constater Cheikh Oumar Ba.
M. CISS