Plus de 5000 visiteurs, plus de 500 entreprises, 60 stands d’exposition, des conférences, des rencontres B to B vont rythmer les assises de l’entreprise du Conseil national du patronat les 27 et 28 juin courant. Les organisateurs sont revenus face à la presse sur les thèmes phares qui seront animés durant les différents panels en présence des ministres de tutelle.
En prélude aux assises de l'entreprise les 27 et 28 juin prochain, le Conseil national du patronat (Cnp) a fait face à la presse pour révéler les contours de cette rencontre international autour du thème central «un partenariat public-privé et le contenu local». Il est également prévu des évènements majeurs durant ces assises dont le Salon International des Professionnels de l'Economie Numérique «Sipen 2024» ; le Salon National de l'Industrie ; la Table Ronde de concertation Entreprises/Impôts/Douanes «Le partenariat public/privé pour Plus de civisme, d'équité, de transparence et Moins de contentieux» ; le Forum Etat/Partenaires Sociaux: «La justice sociale & l'optimisation de la protection sociale en milieu professionnel» et le Symposium du Pôle d'Excellence Cnp (Education Enseignement Supérieur Formation Professionnelle): «Etat des lieux & perspectives pour l'insertion des jeunes en milieu professionnel» ; etc.
En effet, il est attendu plus de 5000 visiteurs à ces assises de l’entreprise, avec 60 centres d’exposition, plus de 500 entreprises, des rencontres B to B des conférences, des salons en virtuels, en plus d’un pavillon des start-ups. «Les assises de l'entreprise sont inscrites aujourd’hui dans l’agenda socio-économique de notre pays au vu du rôle crucial que joue le conseil national du patronat. 2024 est une année particulière marquée par l’élection d'un nouveau président de la République, donc un nouveau contexte avec de nouveaux enjeux et défis. C’est pourquoi, nous avons décidé d’innover en ayant comme thème majeur de nos assises de l'entreprise : un partenariat public privé et le contenu local. Comment nous allons travailler ensemble avec les nouvelles autorités ?», déclare le président du Cnp, Baidy Agne. Un des grands challenges, dit-il, c’est comment étendre le contenu local à d’autres secteurs. «Ce qui nous permettra et permettra aux investisseurs de recueillir la vision et les priorités du gouvernement pour le renforcement de ce partenariat, l’accroissement des flux d’investissements nationaux, l’attractivité de la destination Sénégal et la création d’emplois décents et durables», ajoute le patron du Cnp.
Le développement d’un pays ne peut se faire sans industrialisation
Le président du Syndicat des professionnels des industries du Sénégal (Spis) et patron de Dangote est revenu sur les difficultés de l’industrie sénégalaise liées à la fiscalité, la réglementation, la concurrence et la durabilité. «Le développement d’un pays ne peut pas se faire sans une industrialisation. Et pour commencer, il faut le faire avec les industries qui sont là avant de passer à de nouvelles industries. Ce que nous attendons des autorités gouvernementales, c’est qu’elles nous disent comment elles vont nous accompagner pour créer des emplois. Comment elles peuvent nous accompagner pour augmenter le pouvoir d’achat des sénégalais. Et toute cette pression fiscale et douanière sur les industriels nous cause beaucoup de problèmes, ce que nous proposons c’est de voir comment élargir l’assiette fiscale. Tout le monde doit payer, mais pas seulement les mêmes. C’est l’occasion d’en discuter avec les autorités », explique le patron de Dangote qui attend du ministre du Commerce et de son homologue des Finances la définition d’un plan d’industrialisation sur les cinq ou dix prochaines années.
Pour sa part, Pape Madické Diop du pôle Excellence a amorcé la réflexion sur les perspectives de l’insertion des jeunes en milieu professionnel. En effet, il préconise l’alternance comme solution à l’emploi des jeunes. «Notre pays n’a pas de dispositif d’alternance. Nous avons souhaité réfléchir sur ce dispositif notamment le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation. Comment réunir tous les acteurs, les sociétés d’éducation, les entreprises, l’Etat et les structures de financement afin que l’apprentissage soit une réalité dans notre pays. Réfléchir sur le contrat de professionnalisation qui concerne la validation des acquis de l’expérience qui est une revendication de nombre de professionnels dans ce pays», annonce le président de Bem.
M. CISS
BLOCAGE SUR LA BAISSE DES PRIX DU CIMENT ET DE LA FARINE
Meuniers et cimentiers donnent les raisons
Si les meuniers ont refusé de vendre la farine, c’est parce qu’ils réclament une garantie écrite de l’Etat sur le financement de la baisse de 4000 francs sur le sac de farine qu’ils comptent recouvrer en plus de la prise en compte des stocks alors qu’ils ont payé des droits de douane. Concernant les cimentiers, ils attendent l’arrêté ministériel et le décret sur la suppression de la taxe parafiscale avant de baisser les prix.
La question de la baisse des prix s’est invitée à la conférence de presse du patronat, notamment le refus des meuniers de vendre la farine. Et, c’est Frank Bavard qui a pris la parole au nom des meuniers industriels du Sénégal pour revenir sur cette situation. «L’ensemble des meuniers a mené une action concertée qui consistait à stopper la vente de farine car nous avons un différend. Nous apprécions et nous rendons hommage à la volonté politique de vouloir baisser le prix de la farine à 15.200 francs. Cependant les industriels que nous sommes n'avons eu aucune garantie et aucun échange écrit confirmé sur comment la baisse de 4000 francs sur le sac serait financée. Nous avons eu une information verbale de l’abandon des droits de douane et de la Tva mais aucun élément sur le différentiel», déclare le meunier avant de poursuivre : «nous avons besoin de savoir comment seront considérés les différents stocks de blé et de farine que nous avons dans nos usines et on a déjà payé nos droits de douane. C’est comme si nous en étions nous-mêmes à subventionner directement le prix du pain. Nous aimerions le faire mais la marge actuelle des meuniers est très basse. Il faut savoir que le gouvernement a fait un calcul avec un cours de blé à 290 euros et actuellement le blé à des cours supérieurs à 300 euros», renchérit Franck Bavard.
Ousmane Mbaye sur la baisse du prix du ciment : « pour le moment, personne ne peut vendre à ce nouveau prix »
Même le patron de Dangote, Ousmane Mbaye s’est félicité du dialogue inclusif avec les nouvelles autorités à l’origine de la suppression de la taxe parafiscale de 2000 francs qui devait servir à financer les logements sociaux. « Le seul problème qui s’est posé à notre niveau, c’est qu’il y ait une communication d’une baisse 10 jours avant et que le Conseil national de la consommation ne s’est pas tenu immédiatement. Le prix du ciment est homologué er c’est fixé par l’Etat, donc ne peut être fixé qu’après réunion du Cnc. Et, il faudra un décret parce que c’est une taxe. Nous attendons le décret et l’arrêté ministériel fixant les nouveaux prix », indique Ousmane Mbaye qui se désole de constater que cette mesure est à l’origine de perturbation du marché. A l’en croire, depuis l’annonce de baisse du prix du ciment, les consommateurs n’achètent plus et attendent l’effectivité de la baisse. « Nous espérons que l’arrêté ministériel va sortir ainsi que le décret pour que les consommateurs puissent acheter à ce nouveau prix. Mais pour le moment, personne ne peut vendre à ce nouveau prix », martèle le patron de Dangote.
Baidy Agne : Les politiques globales de subventions ne marchent pas …
Pour sa part, revenant sur la pression fiscale des entreprises, le président du patronat est d’avis qu’il est de la responsabilité des entreprises de payer des impôts mais aussi de la responsabilité de l’Etat de comprendre que les entreprises peuvent être en difficultés. «Nous attendons de l’Etat de l’accompagnement et des dispositions notamment de soutien à des entreprises en difficulté pour qu’elles puissent répondre mieux à l’avenir sur leurs obligations fiscales et sociales. Les entreprises qu’elles soient de presse ou autres emploient des gens. Nous créons de la valeur, nous servons un intérêt national», explique Baidy Agne qui appelle l’Etat à trouver des mécanismes pour élargir l’assiette fiscale.
S’agissant de la baisse des prix, il rappelle que les différents Etats sont passés par des subventions pour réduire le cout de la vie. Or, lorsqu’on subventionne, on applique une loi générale. Il n’y a pas de ciblage alors que certains n’ont pas besoin d’être subventionnés. Les politiques globales de subventions ne marchent pas car l’Etat renonce à des recettes pour construire des routes et des hôpitaux. Quand l’Etat renonce à des recettes dans les infrastructures et les marches publics, c’est comme ça que la dette intérieure se constitue», regrette le président du Cnp qui appelle les autorités à réfléchir pour soutenir les populations les plus vulnérables sans renoncer à des recettes ou subventionner des gens qui ne sont pas demandeurs.
M. CISS