Ouf de soulagement pour Mabintou Diaby et Mouhamed Diagne. La famille de Madiambal Diagne hume l’air de la liberté depuis hier. Conformément à la décision de la Chambre d’accusation financière sortie la semaine dernière, ils ne peuvent néanmoins pas vaquer tranquillement à leurs occupations puisqu’ils sont assignés à résidence à leurs domiciles respectifs à Yoff et à la cité Djily Mbaye. En effet, le Parquet général qui avait six jours pour se pourvoir en cassation n’a pas estimé devoir le faire, au grand bonheur de la famille Diagne ; car le recours du Parquet général suspendrait cette décision de la juridiction de recours.
Mabintou Diaby et Mouhamed Diagne ont recouvré la liberté depuis hier. Le Parquet général du Pool judiciaire financier n’a pas estimé devoir former un pourvoi en cassation, ce qui équivaut à une délivrance du quitus de sortie. Faut-il le souligner, un recours du ministère public suspendrait la décision de la Chambre d’accusation et les maintiendrait donc en prison. De la France où il séjourne depuis quelque temps, Madiambal Diagne va surement pousser un ouf de soulagement. Cependant, une des conditions fixées par la juridiction de recours pourrait poser un problème à ce père de famille. En effet, dans les conditions fixées par la Chambre, Mabintou Diaby et Mouhamed Diagne sont interdits d’entrer en relation, «de quelque manière que ce soit», avec les autres personnes impliquées dans l’affaire. Or le journaliste est la personne centrale de cette procédure. Comment la chambre compte organiser cette mesure ? Ce n’est pas la seule mesure assortie à cette décision. En effet, la Chambre d’accusation interdit à tous les deux de quitter leurs domiciles «sauf autorisation écrite du magistrat instructeur» ; ils doivent aussi déposer leurs passeports au greffe du cabinet du juge ; enfin ils sont obligés de répondre au juge d’instruction chaque fois que de besoin. A défaut de respecter une de ces mesures, la Chambre rappelle qu’ils s’exposent à une arrestation immédiate et à mandat d’arrêt.
La mise en liberté provisoire de Mabintou Diaby et Mouhamed Diagne fait suite à une demande déposée par leurs conseils, il y a quelques semaines. Dans la requête, la défense s’est appesantie sur des contestations sérieuses ainsi que des garanties de représentation en justice présentées par leurs clients. Selon un des conseils, si la Chambre a donné une suite favorable à leur requête, c’est surtout qu’elle a constaté qu’il n’y a véritablement aucune charge que l’on peut imputer à leurs clients. Le fait d’être des gestionnaires de l’entreprise familiale, la Sci Pharaon ne peut suffire, selon lui, pour asseoir la culpabilité de l’épouse et du fils du patron du groupe « Avenir Communication ».
Alassane DRAME