Le Sénégal, avec à sa tête le ministre Cheikh Diba, sera présent aux Assemblées générales annuelles du Fmi et de la Banque mondiale à Bangkok pour espérer obtenir la validation de son accord de financement auprès du Conseil d’administration du Fmi. Cependant, le Sénégal devra satisfaire aux exigences imposées par le Fonds notamment les mesures correctrices de traitement de la dette, la consolidation budgétaire, etc.
Les Assemblées annuelles du Fmi et de la Banque mondiale s’ouvrent aujourd’hui et se poursuivront jusqu’au 18 octobre prochain à Bangkok en Thaïlande. Ces Assemblées interviennent après que le Sénégal et le Fmi ont conclu d’un accord, le 1er septembre dernier, pour un nouveau programme de financement d’un montant de 2,2 milliards de dollars sur une durée de 30 mois. Ainsi, les enjeux sont cruciaux pour le Sénégal qui attend la validation officielle de son programme de financement au niveau du Conseil d’administration du Fmi. Lors de ces rencontres stratégiques, la délégation du Sénégal conduite par Cheikh Diba, ministre de l’Economie et des Finances, va porter la voix du Sénégal auprès des bailleurs et partenaires techniques et financiers. Pour rappel, cet accord de financement est assujetti à plusieurs conditions exigées par le Fonds dont l’assainissement et la transparence avant son approbation.
Il s’agit, entre autres, de la mise en œuvre de réformes et d'actions correctrices liées aux déclarations et divergences passées concernant les données de la dette publique ; du traitement de la dette extérieure, notamment avec les discussions et négociations en cours avec les créanciers officiels et privés (dont les détenteurs d'Eurobonds) pour assurer la viabilité de la dette à moyen terme ; la consolidation budgétaire à travers l’engagement sur un plan de maîtrise du déficit public, de rationalisation et de meilleur ciblage des subventions (notamment dans le secteur de l'énergie), tout en préservant les dépenses sociales prioritaires (santé, éducation).
Autant d’exigences auxquelles le Sénégal devra satisfaire pour valider cet accord de financement dans un contexte où la croissance hors hydrocarbures s’établit à 4,7% en glissement annuel au premier trimestre 2026. En effet, face aux défis de transparence et d’assainissement budgétaire, les autorités sénégalaises avaient affiché une ferme détermination à corriger les failles afin de garantir la rigueur budgétaire et renforcer la confiance des bailleurs de fonds. Cependant, au-delà des négociations institutionnelles, la présence du Sénégal au sommet thaïlandais s'inscrit également dans une quête active d'investissements et de soutiens internationaux. En participant aux conférences sur l'emploi, l'intelligence artificielle et la mobilisation des capitaux privés, la délégation entend démontrer la résilience de l'économie nationale et son attractivité.
M. CISS