L’Assemblée nationale a adopté, ce mardi 18 août 2026, les projets de loi n°15/2026 portant Code du travail et n°16/2026 portant Code de la sécurité sociale, chacun par 129 voix sur 165. Lors de cette plénière, majorité et opposition ont tous plaidé pour de meilleures conditions de vie pour les travailleurs. Même s’ils reconnaissent les avancées notables enregistrées, les députés suggèrent au gouvernement de prêter plus d’attention aux requêtes des syndicalistes, de protéger les travailleurs sénégalais face à l’invasion des étrangers, mais aussi d’apporter un encadrement plus rigoureux aux droits des femmes dans le milieu professionnel aussi bien public que privé.
Malgré les demandes incessantes des syndicalistes pour une concertation sur les dispositions du nouveau Code du travail et le Code de la sécurité sociale, le gouvernement a présenté les deux textes aux parlementaires qui les ont adoptés à la majorité. Ce nouveau Code du travail qui a pour objectif d’adapter et de renforcer la législation du travail, va tenir en compte des évolutions du contexte juridique et économique mondial. Il introduit plusieurs innovations majeures, notamment l’institution du télétravail, l’assouplissement du régime de renouvellement du contrat de travail à durée déterminée, ainsi que le renforcement de la protection de la maternité, de l’enfant et du travailleur handicapé. Le texte prévoit également le remplacement du contrat de travail journalier par le contrat de travail occasionnel, ainsi que la suppression de l’obligation de conciliation préalable devant les tribunaux du travail.
Pour ce qui est du Code de la sécurité sociale, il introduit également des innovations relatives à l’harmonisation du cadre juridique de la sécurité sociale et l’institution d’une assurance maladie universelle. On y comptera l’assurance maladie universelle composée de trois régimes : le régime d’assurance maladie obligatoire des travailleurs relevant du Code du travail et du Code de la marine marchande, le régime d’assurance maladie obligatoire des travailleurs indépendants et le régime d’assistance médicale.
Même si la majorité des députés a voté favorablement pour ces deux textes, les députés ont néanmoins délivré un chapelet de revendications à Mamadou Lamine Dianté, ministre du Travail, venu représenter le gouvernement.
Selon Aïssata Tall Sall, le Sénégal a ratifié plusieurs codes du travail et tous ces textes ont été finalisés à la suite de très longues concertations. D’après la présidente du groupe parlementaire Takku-Wallu, les travailleurs ont toujours su trouver une oreille attentive. Cette dernière qui dit avoir rencontré les syndicalistes, sur leur demande, avec son groupe parlementaire, assure qu’ils dénoncent trois choses : le manque de concertation et de dialogue, les modifications unilatérales substantielles de peu de consensus que vous avez eu et la façon unilatérale, presque clandestine par laquelle le gouvernement a agi pour subsister les textes d’accord, à des textes de non accord.
Abdou Mbow reproche ainsi au ministre du Travail d’avoir négligé les états d’âme des syndicalistes qui exigeaient une énième concertation avant le passage des deux projets de lois devant le parlement. Pour lui, le gouvernement avait tous les moyens pour accéder à leur demande, au lieu de cela, il a préféré aller vers une confrontation.
Guy Marius Sagna abonde dans le même sens pour inviter le ministre Dianté à accorder un peu plus de considération aux conditions de vie des travailleurs. Dressant une très longue liste de sociétés nationale et parapubliques dont les travailleurs vivent le calvaire, M. Sagna estime que nous avons déjà beaucoup de textes qui organisent le cadre juridique, malheureusement leur application pose problème.
Amadou Ba s’est lui attelé à dénoncer l’absence des « ténors » politiques qui désertent l’Assemblée nationale dès qu’il s’agit de sujets non politiques, tant bien importants. Il plaide ensuite pour la généralisation des conventions collectives. L’ancien ministre de la Culture voudrait que l’Etat sénégalais impose aux entreprises étrangères qui s’implantent au pays de décerner certains postes comme la comptabilité, les ressources humaines, entre autres aux jeunes Sénégalais actifs.
Toujours fidèle à sa position, Tahirou Sarr a axé son intervention sur la protection des Sénégalais contre l’envahissement des étrangers. A l’en croire, ce qui se passe au Port autonome de Dakar est la preuve vivante de la vulnérabilité sociale des travailleurs sénégalais. Il croit que l’Etat gagnerait à protéger certains métiers pour les réserver exclusivement aux Sénégalais.
Pour Thierno Alassane Sall, avec l’arrivée de ce régime, le Sénégal aurait dû se transformer en un havre de paix pour les travailleurs ; malheureusement, on assiste à un apartheid notamment dans le secteur du parapublic. A l’en croire, des milliers travailleurs ont été licenciés pour la simple et bonne raison qu’ils ne font pas partie de Pastef. Le leader de Rv de citer le Fera, la Cmu, Port autonome de Dakar, Cdc, Puma etc. pour dénoncer la politique systématique de traque des travailleurs qui ne sont pas membres de Pastef. A en croire Thierno Alassane Sall, il connaît des travailleurs avec de CDI qui ont été licenciés dont certains sont contraints actuellement à être charbonniers. D’après ce dernier, c’est d’une extrême violence ce que le Pastef fait vivre au Sénégal.
Nd. Kh. D. F