ASSEMBLEE GENERALE DU SYNACOM : Ibrahima Ngom dénonce les difficultés des agents et interpelle les autorités




 
Réunis en assemblée générale ce vendredi 13 mars, au siège de la Cnts, les membres du Syndicat national des agents de l’administration du commerce (Synacom) ont dressé un tableau critique de la situation du secteur. Dans son intervention, le secrétaire général Ibrahima Ngom a pointé les difficultés persistantes des agents, tout en appelant les autorités à apporter des réponses concrètes aux revendications portées par le syndicat.
 
Lors de l’assemblée générale du Syndicat national des agents de l’administration du commerce (Synacom), tenue ce vendredi 13 mars au siège de la Cnts, le secrétaire général Ibrahima Ngom est revenu sur les difficultés persistantes auxquelles font face les agents. Tout en saluant les avancées du mouvement syndical et en réaffirmant l’ouverture au dialogue, il a dressé un état des lieux préoccupant du secteur et appelé à des réformes urgentes.
 
Des griefs persistants dans l’administration du commerce
 
Revenant sur la situation des agents, Ibrahima Ngom a rappelé que le Synacom avait déposé une plateforme revendicative depuis près de deux ans. Malgré les efforts du syndicat pour maintenir un climat social apaisé et accorder du temps aux autorités pour réagir, les préoccupations demeurent.
Selon lui, plusieurs dysfonctionnements caractérisent aujourd’hui la gestion du département. Il a notamment pointé un manque de considération envers les agents, illustré par l’absence de réponse aux revendications formulées depuis deux ans.
Le secrétaire général a également dénoncé des recrutements massifs de volontaires, effectués selon lui sans vision claire, alors que des chauffeurs et agents temporaires vivent depuis des décennies dans une situation de précarité et d’incertitude.
À cela s’ajoutent, selon le Synacom, des dysfonctionnements majeurs dans la gestion du département, qui impactent négativement l’accomplissement des missions, ainsi qu’un manque de reconnaissance du travail fourni par les agents chargés de protéger les consommateurs et leur pouvoir d’achat. «L’administration du commerce traverse aujourd’hui les moments les plus sombres de son existence», a estimé Ibrahima Ngom, rappelant pourtant son rôle central dans la gestion des questions économiques et sociales du pays.
 
Le rôle stratégique des agents du commerce
 
Malgré ces difficultés, le secrétaire général du Synacom a tenu à rappeler l’importance du travail des agents dans le fonctionnement de l’État. Il a notamment souligné que la récente baisse des prix des denrées de première nécessité, décidée par les autorités, n’aurait pas pu se concrétiser sans l’engagement quotidien des agents du commerce, mobilisés sur l’ensemble du territoire national pour veiller au respect de la réglementation.
Selon lui, la stabilité relative des prix et des stocks observée sur le marché sénégalais au cours de la dernière décennie est également le fruit du travail de ces agents, malgré un contexte marqué par de nombreuses crises, notamment la pandémie de Covid-19, le conflit russo-ukrainien ou encore les restrictions d’exportation imposées par certains pays comme l’Inde. «Ces résultats ne sont pas l’œuvre d’un quelconque messie, mais le fruit des efforts d’hommes et de femmes rompus à la tâche», a-t-il insisté.
 
Dialogue avec le ministère et revendications prioritaires
 
Le secrétaire général du Synacom est également revenu sur la rencontre tenue le 6 mars 2026 avec le ministre du Commerce, Serigne Guèye Diop. Cette réunion, organisée malgré le dépôt d’un préavis, visait selon lui à maintenir un climat social apaisé et à permettre aux autorités de démontrer leur bonne foi dans la prise en charge des doléances.
Parmi les revendications prioritaires, le Synacom insiste notamment sur la sécurisation du statut des agents temporaires, dont beaucoup travaillent sans contrat et dans des conditions précaires. Le syndicat exige leur recrutement afin de leur garantir un statut et de permettre un meilleur fonctionnement des missions de contrôle sur le terrain.
Le syndicat demande également l’adoption rapide du décret relatif à l’organisation du département, dont la validation tarde selon lui sans explication claire.
 
Des réformes attendues dans la gestion et les infrastructures
 
Par ailleurs, le Synacom plaide pour la signature de l’arrêté relatif aux documents de facilitation du commerce, prévu par la loi sur les prix et la protection du consommateur. Ce texte doit notamment encadrer la répartition des droits destinés à la motivation des agents. Le syndicat propose que les bénéficiaires soient exclusivement les agents de l’administration du commerce et que la répartition se fasse par coefficients afin d’éviter les injustices.
Ibrahima Ngom a aussi évoqué la nécessité de réviser en profondeur les textes régissant les fonds, afin d’augmenter les parts destinées aux agents verbalisateurs et aux chefs de service départementaux. Enfin, il a dénoncé la vétusté des bâtiments qui abritent plusieurs services du commerce, souvent installés dans des logements conventionnés inadaptés aux besoins de l’administration. Il a ainsi appelé à la mise en place d’un programme de construction de services déconcentrés modernes.
 
Un appel à l’unité des agents
 
En conclusion, le secrétaire général du Synacom a réaffirmé la détermination du syndicat à défendre les intérêts matériels et moraux de ses membres. Il a également appelé les agents à faire preuve de solidarité et d’unité afin d’éviter les divisions internes qui pourraient affaiblir l’administration. «Le syndicalisme rime toujours avec sacrifice», a-t-il rappelé, invitant les agents à faire bloc autour de l’essentiel : l’amélioration des conditions de vie et de travail de tous.
Le Synacom prévoit désormais de dérouler son plan d’action après validation par ses membres, tout en affirmant rester ouvert au dialogue avec les autorités.
 
Fatou DIOP
 
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