Rien n’y a fait. Malgré toutes les difficultés, les écueils, l’arbitrage maison, les Lions ont remporté la 35e édition de la Can. Toutefois, le football africain en a pris un coup et mérite finalement tout le manque de considération de la part des instances du football mondial. Car à voir la Can Maroc 2025 se terminer en eau de boudin, lors d’une finale tant espérée, tant pronostiquée et qui devait être une apothéose, c’est douter de la maturité et de la probité des dirigeants de l’organisation faîtière africaine. Lorsqu’une équipe finaliste doit se déplacer d’une ville à l’autre pour la dernière rencontre d’une compétition tout au long de laquelle les récriminations n’ont pas manqué, la moindre des choses était d’assurer sa sécurité. Les supporters en rade aux portails du stade sans aucune possibilité d’avoir un billet. Un arbitrage contestable et vigoureusement contestée, jusqu’à vouloir quitter le terrain après qu’un but valable de Abdoulaye Seck est refusé, mais surtout lorsqu’aussitôt après, à la 90+5 mn, un penalty est accordé aux Lions de l’Atlas. Tout cela n’a pas terrassé ces Lions de la Teranga et toutes les tentatives de les désavantager auront finalement fait long feu. Puisque le leader, le Nianthio, imperturbable et zen, a fait revenir son coach et ses coéquipiers dans le match. Mais voilà, les dieux du football sont sénégalais car la panenka ratée de Brahim Diaz ne sera que justice.
Les inévitables prolongations seront engagées par les Lions comme une résurrection, alors que les Marocains les aborderont comme un supplice, puisque la punition viendra 3 mn plus tard, sur une frappe parfaite de l’inévitable Pape Guèye. Un but qui va couper les jambes des Lions de l’Atlas et doucher le public dont les sifflets se transformèrent en râles de dépit. C’est ainsi que la justice immanente s’opère, s’impose et balaie toutes les velléités des mortels humains.
En tout cas, cette Can restera dans les annales de la compétition majeure africaine comme celle des vaines manœuvres pour faire gagner un trophée à un pays organisateur. Mais elle restera également une tache indélébile sur la réputation de la Confédération africaine de football. Et n’en déplaise à ceux qui projettent de sanctionner le Sénégal pour avoir voulu quitter la partie, une deuxième étoile brille sur le maillot floqué de la tête de lion.
Mansour KANE