APRES L’ACCORD AVEC LE FMI, LES CADRES DU MOUVEMENT DE BARTHÉLEMY DIAS CHARGENT LE REGIME « Deux années perdues pour revenir à la case départ »




 
 
 
Le Bureau du Réseau des cadres de Sénégal Bi Ñu Bokk (Rc-Sbñb) accueille l’annonce de l’accord technique entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (Fmi) avec un mélange de soulagement et de fortes réserves. Tout en saluant un partenariat jugé nécessaire dans un contexte économique difficile, le réseau du mouvement de l’ex-maire de Dakar accuse le régime d’avoir fait perdre au pays deux années.
 
Pour le Réseau des cadres de Sénégal Bi Ñu Bokk, de l’ex-maire de la ville de Dakar, l’annonce de l’accord technique avec le Fmi ne saurait être présentée comme une victoire politique. Dans un communiqué, le Rc-Sbñb dit prendre acte de cet accord, tout en estimant qu’il était « attendu depuis deux longues années ».
Le réseau considère ce partenariat avec l’institution de Bretton Woods comme une nécessité dans un environnement économique particulièrement contraignant. « Le Sénégal a besoin de sérieux, de crédibilité et de continuité de l’État », martèlent ses responsables, qui dénoncent dans le même temps « une communication approximative » et « une gestion improvisée ».
 
 
 
« Deux années ont été perdues »
 
 
 
Pour le Rc-Sbñb, l’accord avec le Fmi intervient surtout après une longue période d’incertitude économique et financière. Le réseau estime que le pouvoir aurait perdu un temps précieux avant de parvenir à un compromis avec l’institution financière internationale. « Deux années ont été perdues pour revenir à la case départ », déplore le Bureau du réseau. Une situation jugée « profondément regrettable », car ayant, selon lui, « accentué la détresse des populations et affaibli davantage l’économie nationale ».
Le Rc-Sbñb va plus loin et évoque un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, le renchérissement du coût de la dette et la dégradation de la signature financière du Sénégal. Pour le réseau, l’accord apparaît ainsi comme une « bouée de sauvetage » pour un pays placé, selon son appréciation, « en situation de quasi-faillite ». Une lecture particulièrement sévère qui conduit le réseau à mettre directement en cause la gouvernance actuelle. L’accord avec le Fmi, loin de clore le débat, serait au contraire révélateur, selon ses responsables, de « l’amateurisme du pouvoir en place ». Le réseau exige de connaître les détails des engagements pris par l'État.
Trois questions sont notamment posées : « quel est exactement le contenu de l’accord ? », « quelles sont les contreparties exigées ? » et surtout « quel prix les populations devront-elles payer, notamment en cas de restructuration de la dette ? ». Pour le réseau, la transparence doit être au cœur de la démarche. Il estime que les Sénégalais doivent être informés des éventuelles mesures qui pourraient découler du nouveau partenariat avec le Fmi et de leurs conséquences sur le pouvoir d’achat et les conditions de vie. Le Rc-Sbñb prévient d'ailleurs qu'il sera particulièrement attentif aux mesures susceptibles d'affecter les ménages. « Nous resterons vigilants et nous nous opposerons fermement à toute mesure qui entraînerait un appauvrissement supplémentaire des populations », annonce le réseau.
 
La vie chère, autre front de contestation
 
Au-delà du dossier Fmi, le Bureau du Rc-Sbñb entend maintenir la pression sur le gouvernement autour de la question sociale. La cherté de la vie figure ainsi parmi les principales préoccupations soulevées par le réseau. Le carburant, l'électricité à travers le dispositif Woyofal, les denrées de première nécessité et les transports sont cités comme autant de charges qui continuent de peser sur les ménages. Le réseau des cadres du mouvement de Barthélemy Dias dénonce notamment le prix du carburant, qu'il situe à 990 francs Cfa le litre, présenté comme « le plus élevé de la sous-région ». Une situation qualifiée d'« intolérable » par les cadres de Sénégal Bi Ñu Bokk.
 
Le calendrier électoral sous surveillance
 
Autre point de vigilance : le calendrier électoral. Le Rc-Sbñb exige son « strict respect » et met en garde contre toute tentative de report ou de manipulation. « Toute tentation de report ou de manipulation constituerait une atteinte grave à la démocratie », prévient le réseau. « Notre rôle est de suivre, contrôler et, chaque fois que nécessaire, dénoncer les dérives de la gouvernance actuelle », affirme le Bureau.
 
Fatou DIOP
 
 
LES ECHOS

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