Devant des centaines de militants réunis à Villongo, dans la province italienne de Bergame, El Malick Ndiaye a livré l’un de ses discours les plus politiques depuis la reconfiguration du pouvoir. Aux côtés du député Cheikh Bara Ndiaye, le premier vice-président de Pastef a défendu le bilan de la période où Ousmane Sonko dirigeait le gouvernement, dénoncé ce qu’il présente comme un changement de cap après la séparation entre Sonko et le Président Bassirou Diomaye Faye, et appelé les patriotes à se remobiliser autour d’un objectif : la reconquête du pouvoir en 2029.
C’est dans une salle bondée de monde que l’ancien président de l’Assemblée nationale s’est adressé aux patriotes d’Italie. À Villongo, le rassemblement des patriotes a rapidement dépassé le cadre d’une simple rencontre avec la diaspora pour devenir une démonstration de force politique.
Face à des militants venus de plusieurs villes italiennes, El Malick Ndiaye a choisi de combiner hommage aux années de lutte de Pastef, défense du bilan revendiqué de son camp et critique de la nouvelle séquence politique ouverte au sommet de l’État. Appréciant la situation économique sociale et politique du pays, le premier vice président de l’Assemblee nationale a fait savoir : «le Sénégal est en pause», lance-t-il d’entrée. Selon lui, «tout est à l’arrêt, sauf la transhumance à outrance».
«Pastef, c’est de l’or»
Pour lui, «Pastef, c’est de l’or et donc plus on le soumet à la pression, plus il brille. Nous pensions en avoir fini avec ces tracas mais malheureusement, il nous restait encore des impuretés dont nous devrions nous séparer», martèle-t-il, invitant les patriotes à protéger ce capital politique plutôt qu’à l’éroder par des querelles internes.
«Deux ans d’espoir avec Sonko à la Primature»
El Malick Ndiaye consacre une large partie de son intervention à défendre la période allant de l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye jusqu’au départ d’Ousmane Sonko de la Primature, qu’il décrit comme une parenthèse ayant redonné confiance au pays.
Selon lui, cette période s’est distinguée par une volonté de préserver le pouvoir d’achat grâce au blocage de certains prix, une gestion plus rigoureuse des ressources publiques, l’absence de scandales majeurs et un regain de crédibilité internationale du Sénégal. «L’espoir était revenu», résume-t-il. Il affirme également que plusieurs administrations avaient retrouvé des moyens d’action et une capacité de fonctionnement grâce au travail de redressement entrepris par le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko.
«Depuis que le commandant de bord a quitté le navire…»
C’est toutefois lorsqu’il aborde la rupture entre Ousmane Sonko et Diomaye Faye que son discours prend une tonalité plus offensive. Selon lui, cette séparation a profondément modifié la conduite des affaires publiques. «Depuis que le commandant de bord a quitté le navire, les vannes ont été ouvertes», déclare-t-il. Dans le même registre, il évoque les conditions dans lesquelles certaines nominations auraient été effectuées, exprimant des interrogations sur les motivations ayant présidé à certains choix.
Nd. Kh. D. F