À l’occasion du meeting de Kagnobon, dans le département de Bignona, le député Amadou Bâ, ancien ministre de la Culture et messager du président de Pastef, Ousmane Sonko, a livré un discours sur la situation politique et économique du Sénégal. Au cœur de son intervention, le débat attendu ce lundi à l’Assemblée nationale sur la gestion des finances publiques, la déclaration de patrimoine des présidents d’institutions et les divergences qui opposent désormais les tenants du pouvoir.
Pour Amadou Bâ, la séance de ce lundi à l’Assemblée nationale constitue un moment politique majeur. Le député invite les Sénégalais à suivre attentivement les débats, estimant que cette rencontre permettra de faire la lumière sur les engagements pris en matière de gestion des finances publiques. « Il y a un grand débat à l’Assemblée sur la matérialisation et le respect ou non des engagements que nous avions pris sur la gestion des finances publiques. Nous appelons tous les Sénégalais à suivre ce débat historique. Tout se saura et on saura qui est qui », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette confrontation permettra de déterminer si le Premier ministre est toujours fidèle à la ligne politique qui avait été défendue par Pastef.
La déclaration de patrimoine au cœur du débat
Autre dossier évoqué par le député, la transparence sur le patrimoine des hauts responsables de l’État. Amadou Bâ est revenu sur la demande formulée à l’endroit des députés de Pastef concernant l’élargissement de l’obligation de déclaration de patrimoine au président de l’Assemblée nationale. Il affirme que le président de l’Assemblée nationale aurait demandé aux députés de Pastef de soutenir la volonté du président de la République d’élargir cette obligation aux présidents d’institutions, avec la publication du patrimoine du président de l’Assemblée nationale.
Amadou Bâ estime par ailleurs qu’« une évolution constitutionnelle pourrait permettre d’éviter le recours à un référendum sur cette question. Nous lui avons suggéré huit jours après le vote de le constitutionnaliser, car il ne sera plus nécessaire d’aller au référendum », a-t-il indiqué, avant de lancer : « lundi, les masques vont tomber et vous en saurez davantage. »
Les subventions et les prix, pomme de discorde
Sur les raisons de la rupture politique entre le président de la République Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, Amadou Bâ évoque une « divergence profonde » sur la politique économique, sur les subventions et la hausse annoncée des prix.
Il estime qu’Ousmane Sonko n’a jamais accepté le principe d’une levée des subventions et d’une augmentation des prix sous la pression du Fonds monétaire international (Fmi). Pour étayer son argumentaire, le député compare le niveau du prix du baril de pétrole au moment où Ousmane Sonko était Premier ministre à celui observé aujourd’hui. « Quand il était à la Primature, aucun prix n’a été augmenté. Aujourd’hui, ils veulent nous faire croire que la guerre au Moyen-Orient serait à l’origine d’une augmentation des prix à venir alors que, quand le Premier ministre Ousmane Sonko était à la Primature, le baril était à 111 dollars et il coûte aujourd’hui 80 dollars », a-t-il soutenu.
Pour le député, « la véritable raison serait plutôt liée à la volonté du gouvernement de bénéficier d’un programme du Fmi ». Une orientation à laquelle, selon lui, Ousmane Sonko se serait opposé, refusant que les Sénégalais supportent le coût des ajustements économiques.
Fatou DIOP