A la cérémonie de clôture du Forum africain de l'économie sociale et solidaire, des engagements ont été pris pour faire de l’Ess le cœur battant d’une Afrique souveraine, juste et prospère. Il s’agit entre autres de renforcer les échanges d'expériences ; d’encourager la mobilisation coordonnée des ressources publiques, privées pour développer un écosystème africain de financement de l'Ess et faire de l'autonomisation économique des femmes, de l'emploi des jeunes, du développement des territoires, des priorités.
Clap de fin sur le Forum africain sur l’Économie sociale et solidaire (Fora'Ess) dont la cérémonie de clôture a été présidée par le ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Alioune Dione, en présence du ministre congolais de la Promotion de la femme, de l’intégration de la femme au développement et de l’Economie informelle, Inès Nefer Bertille Voumbo et du ministre camerounais des Pme et de l’Economie sociale et solidaire. En réponse au thème du Fora’Ess : « l'Ess, moteur de transition, d'inclusion et de convergence en Afrique. Quels leviers pour l'harmonisation des politiques publiques ? », le ministre Alioune Dione dira que l'économie sociale et solidaire n'est pas une alternative, mais une nécessité. « Nécessité de transition face aux crises climatiques et économiques ; nécessité d'inclusion pour que nul ne soit laissé en rade ; nécessité de convergence pour que nos mutuelles, nos coopératives parlent le même langage de l'Atlantique à l'océan Indien », ajoute le ministre qui est revenu sur les engagements pris lors de cette seconde édition du Fora’Ess. « A Dakar, nous avons pris des engagements concrets : promouvoir une harmonisation progressive des cadres juridiques, législatifs, réglementaires, fiscaux, statistiques et institutionnels relatifs à l'Ess ; favoriser une meilleure harmonisation des politiques nationales, conformément aux thèmes retenus cette année, et une coordination renforcée des interventions des partenaires techniques et financiers afin d'améliorer leur cohérence, leur complémentarité et leur impact sur les populations ; renforcer les échanges d'expériences, le partage des bonnes pratiques, de coopération Sud-Sud et triangulaire, les programmes conjoints, les plateformes régionales de connaissances, les réseaux de recherche et les initiatives d'innovation sociale afin d'accélérer le développement de l'économie sociale et solidaire sur le continent ; développer une diplomatie africaine de l'Ess afin d'unir les voix africaines dans les instances internationales et en promouvant des positions communes africaines, à l'instar du comité qui vient d'être lancé ici à Dakar auprès des organismes internationaux tels que les Nations Unies, l'Union africaine, les communautés économiques régionales et des institutions financières internationales ; encourager la mobilisation coordonnée des ressources publiques, privées, coopératives, philanthropiques et de la diaspora afin de développer un écosystème africain de financement de l'Ess, notamment à travers des fonds d'investissement à impact, des mécanismes de garantie, des instruments financiers innovants et des dispositifs adaptés aux entreprises de l'économie sociale et solidaire ; soutenir le développement de la recherche, de l'innovation sociale, de la transformation numérique, des dispositifs de mesure d'impact et des systèmes de statistiques harmonisés permettant d'évaluer la contribution économique, sociale et environnementale de l'Ess au développement du continent ; faire de l'autonomisation économique des femmes, de l'emploi des jeunes, du développement des territoires, de l'entrepreneuriat collectif, de la formalisation progressive de l'économie populaire et informelle, et de l'inclusion des populations vulnérables, des priorités de notre coopération ; et œuvrer à accélérer la création d'un Observatoire africain de l'économie sociale et solidaire, conformément à la déclaration finale de Yaoundé du 31 mai 2024. Le Forum se ferme, mais le travail commence. Faisons de l'économie sociale et solidaire le cœur battant d'une Afrique souveraine, juste, inclusive et prospère », a indiqué Alioune Dione.
Alioune Dione désigné président du Comité consultatif des ministres en charge de l’Ess
En effet, le ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire a été porté à la tête de la présidence du Comité consultatif des ministres en charge de l'économie sociale et solidaire. A l’en croire, le Sénégal prend l'engagement d'être à la hauteur de la confiance placée en lui. En outre, parmi les résolutions prises à Dakar, le Congo qui devait organiser cette présente édition du Fora’Ess avant de se désister a été désigné pour l’organisation de la troisième édition en 2027. Il passera ensuite le flambeau à la Mauritanie en 2028 pour la 4e édition du Fora’Ess. « Après l’hospitalité légendaire du Sénégal, c’est au tour de la République du Congo de vous ouvrir grandes ses portes en 2027 à l’occasion de la troisième édition du Fora’Ess. Ensemble, poursuivons cette dynamique pour faire vivre l’esprit de Dakar au cœur de Brazzaville », annonce à son tour le ministre congolais de l’Economie informelle. Poursuivant, elle fait remarquer que l’Ess n’est plus une alternative, mais un levier stratégique de transformation économique, de cohésion sociale, de création d’emplois décents et de résilience face au multiples défis auxquels le continent est confronté. « Le véritable succès de ce forum ne se mesure pas seulement à la qualité de nos débats, mais surtout à notre capacité collective de transformer les recommandations formulées en politiques publiques, en programmes, projets et actions concrètes sur le terrain. En quittant, nous emportons des idées nouvelles, des partenariats renforcés et une détermination renouvelée à faire de l’Ess un moteur durable, de développement de notre continent », martèle Mme Inès Voumbo.
M. CISS