ALIOU CISSE, COACH DES LIONS :«Aller au Qatar, c’est avoir des ambitions»



 
Aliou Cissé était l'homme le plus heureux au stade, hier. Il l’a confirmé en conférence de presse après le match. Lui qui a essuyé des critiques après la défaite au Caire, il aura réussi à amener le Sénégal d'abord sur le toit de l'Afrique et à lui ouvrir les portes du Qatar pour la deuxième qualification consécutive à la Coupe du monde.
 
La qualification pour la Coupe du monde Qatar 2022
 
«Beaucoup de bonheur. Et je crois que ce bonheur est partagé. Ce fut un match très compliqué, très stressant et difficile à préparer. Mais je crois qu’aujourd’hui, sur le terrain, il y avait de véritables guerriers, qui ont eu envie d’aller à cette Coupe du monde. Le public nous a accompagnés à aller chercher cette qualification. Nous dédions cette victoire là au peuple sénégalais, à tous nos supporters qui étaient là aujourd’hui. Depuis 8 heures, ils sont là. Des enfants, des jeunes, des moins jeunes. Donc on se devait de leur faire plaisir et je crois qu’aujourd’hui, ils sont heureux de voir que cette équipe s’est qualifiée à la Coupe du monde. Si vraiment on pouvait aller dans chaque maison pour les remercier, on le ferait. Le public a été extraordinaire. C’est comme ça, il faut que ça continue. Quand nous sommes tous ensemble, c’est le Sénégal qui gagne, rien ne peut nous arriver. Durant ces deux matchs, les supporters ont été derrière l’équipe. Merci à la presse aussi de nous avoir poussés, de nous avoir critiqués, car tout ça c’est important. Ça fait partie de notre travail. Sachez qu’on est ensemble. Nous irons au Qatar avec vous et c’est bien pour notre football.»
 
Le Sénégal jouera sa partition au Qatar
 
«C’est un peu tôt parce que la Coupe du monde, c’est en novembre. Entre-temps, il y a les éliminatoires de la Coupe d’Afrique qui se présenteront au mois de juin. J’entends beaucoup de sélectionneurs, beaucoup de journalistes dire qu’un jour une équipe africaine gagnera une Coupe du monde. Donc moi je crois que c’est vrai.»
 
Objectif à la Coupe du monde
 
«Aujourd’hui, c’était important de passer. Parce que quand vous gagnez la Can, les premiers matchs après le tournoi sont toujours très importants. Il fallait bien les négocier. Si on n’était pas passé, c’est sûr que ça aurait été autre chose. Mais on est passé, nous rendons grâce à Dieu. Et je crois qu’on sera encore meilleur et beaucoup plus fort. Aller au Qatar, c’est avoir des ambitions. On en avait en 2018, on était éliminé au nombre de cartons. Cette fois-ci, le Sénégal y va en étant, pratiquement depuis 4 ou 5 ans, premier sur le continent africain. Le Sénégal y va en étant champion d’Afrique, après avoir joué une double confrontation très difficile. Tout le monde pensait qu’on n’allait pas passer. Donc ce match là, c’est vraiment 2 ans, 3 ans d’expérience dans sa préparation. Et je pense que ça peut être bénéfique pour nous.»
 
Repositionnement de Sadio Mané dans l’axe
«Tous les grands entraîneurs vont faire en sorte que leurs meilleurs joueurs soient dans les meilleures conditions. Ça fait 7 ans que nous sommes là. Le travail pour nous, c’est le rendement de Sadio Mané, le rendement de nos grands joueurs. Qu’ils puissent s’exprimer le mieux possible. C’est un casse-tête pour nous. Comment faire jouer Sadio ? est-ce qu’il faut le mettre sur le côté ? est-ce qu’il faut le laisser dans l’axe dans un système 4-4-2 ? Lors des éliminatoires de cette Coupe du monde là, vous avez bien vu qu’on a fait pratiquement tous nos matchs sur le système 4-4-2. On était allé au Cameroun aussi en ayant cette idée là. Malheureusement, il nous a manqué des joueurs, ce qui a fait qu’on n’a pas pu jouer avec ce système. Donc on est passé au 4-3-3. Et c’est grâce à ce dernier système qu’on a gagné la Can. Mais aujourd’hui il fallait marquer des buts. Donc c’était important de faire jouer Sadio devant avec sa percussion. Parfois il est capable de jouer sur les deux attaquants, parfois il est capable de jouer derrière Boulaye, Ismaïla et Bouna sur les côtés. Je crois que l’animation a été bonne. En première mi-temps, on a plutôt été agressif, on a pressé très haut. On a bien entamé ce match là, on a gagné des duels. Je reste tout de même sur ma faim quant à l’utilisation du ballon. Je pense qu’on aurait pu faire encore mieux que ça. C’était un match d’hommes, où il y avait beaucoup de duels. Mais ce que je regrette dans ce match là c’est les pertes de balle après la récupération. On aurait pu mieux maîtriser notre animation. Mais l’un dans l’autre, je pense que notre équipe est capable de jouer soit en 4-3-3 soit en 4-4-2 ou en 4-2-3-1. En un moment donné même, on avait réfléchi à un 3-5-2. Mais ça aussi c’est l’intelligence de nos garçons, c’est l’expérience de nos garçons. Si vous voyez sur le terrain, malgré l’importance du match, de Edouard Mendy jusqu’à Boulaye Dia, c’est des garçons expérimentés. On a des Ballons d’or avec nos joueurs, des garçons qui ont joué et gagné la Ligue des Champions. Donc je ne m’inquiétais pas sur la gestion des émotions car je savais qu’on allait être à la hauteur de cette rencontre là».
 
 Le discours pour un bon début de match
 
«C’était important pour nous de bien débuter. Chose qu’on n’avait pas faite au Caire. Même si on n’avait pas fait un mauvais match. Durant toute la semaine, j’ai averti les garçons. Je leur avais dit qu’il faut qu’on débute bien au Caire. On prend malheureusement le but dans le premier quart d’heure. Pour moi, ce n’était pas un bon début. C’est ces 15 minutes que nous avons perdues au Caire qui nous ont fait perdre le match. Il fallait qu’on se rachète ici en faisant une grosse entame. C’était la condition sine qua none pour mieux rentrer dans cette rencontre. On a défendu en avançant, on a récupéré des ballons, on s’est projeté devant. Après c’est dans la construction qu’on a eu quelques déchets parce qu’ils nous ont laissé un peu de possibilités de jouer. Mais je crois que c’est l’abnégation, la détermination, l’envie qu’avaient les garçons pour être au rendez-vous. Aujourd’hui ils y sont, on va les féliciter et continuer à travailler.»
 
Bamba Dieng et Pape Matar Sarr, dans un match aussi crucial que compliqué
 
«Bamba Dieng et Pape MatarSarr sont deux garçons de qualité, des jeunes qui n’ont jamais assez. Maintenant je le dis, que ce soit pour Bamba ou pour Matar, c’est des garçons qui doivent savoir où est-ce qu’ils sont. Ils vivent dans le monde des grands. On pouvait penser même que les deux pouvaient commencer cette rencontre là. Les supporters l’ont réclamé, tout comme certains journalistes. Et comme je vous le dis, des gros matchs comme ça, décisifs et à tension, il ne faudrait pas jeter deux gamins pour un moment donné les sacrifier. C’est pour cela qu’on les a mis sur le banc en attendant que, petit à petit, ils puissent rentrer dans cette équipe. Ce sont des garçons très intéressants, mais il faut qu’ils comprennent que le football professionnel, c’est un monde de grands. Ils sont actuellement un peu insouciants, mais quand ils  entrent en jeu, ils apportent beaucoup à l’équipe. Nous allons travailler avec eux, les préparer. Parce que c’est de bon pédigrées et l’avenir leur appartient dans cette équipe nationale.»
 
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