Aliou Cissé botte en touche toute idée de rivalité, de revanche ou de comparaison entre le Sénégal et l’Algérie, mais aussi entre lui et Djamel Belmadi. Présent en conférence de presse d’avant match, le sélectionneur des Lions a confié que ce match amical sera l’occasion de peser la progression de l’équipe sénégalaise et s’inscrit aussi sur la programmation de la préparation de la Can Côte d’Ivoire 2024.
Infirmerie
« On a trois joueurs qui sont indisponibles. Formose est venu avec un coup à la cheville. Après avoir fait l’IRM, on s’est rendu compte qu’il ne pouvait pas tenir sa place. On a préféré le laisser retourner avec son club. Concernant Boulaye, il a été opéré du genou. C’est un peu difficile de reprendre quand on est resté longtemps sans jouer. Il y a souvent une compensation par rapport à la jambe où il s’est fait opérer. Il est lui aussi indisponible tout comme Ismaïla. Malheureusement au cours de l’opposition de vendredi, il a senti une douleur derrière la cuisse. Après l’IRM du samedi on s’est rendu compte qu’il sera aussi indisponible.
Mais on a un bon groupe, qui est assez large. En mettant en place cette liste, on avait paré à toute éventualité. Ce qui est important, c’est que le Sénégal constitue un groupe de qualité et qu’on ait la possibilité de changer les joueurs blessés même si on connaît l’importance d’Ismaïla. C’est l’occasion pour d’autres qui n’ont pas l’habitude de démarrer ou d’autres qu’on n’a pas vu depuis longtemps de prendre leur place et d’aider l’équipe à faire un très bon match demain ».
Sénégal-Algérie un remake de 2019
« 2019 c’est il y a quatre ans. Beaucoup de choses se sont passées entre 2019 et aujourd’hui. Je suis sûr et certain qu’il n’y a pas beaucoup de joueurs qui étaient là en 2019 et qui sont encore là aujourd’hui dans les deux équipes. Ça veut dire qu’il y a une génération qui est passée et une autre qui est arrivée.
Ce match s’inscrit dans la progression de l’équipe nationale et surtout la préparation de la Can. On sait qu’on n’a pas beaucoup de temps. On a la chance de s’être qualifié au bout de quatre journées. Que ce soit le match contre le Bénin de la 5e journée, contre le Brésil juste après et ce match contre l’Algérie, on est en plein dans la préparation de la Can. Demain ce sera contre l’Algérie, au mois d’octobre, ce sera contre le Mali ici et on ira jouer contre le Cameroun. C’est une planification qu’on a mise en place. Ce sont de grandes équipes d’Afrique avec de très grands joueurs et de grands managers. Demain (aujourd’hui) ce sera un très grand match et nous avons envie d’être à la hauteur de cet événement ».
Duel Belmadi-Cissé
« Avec Djamel Belmadi, on a pratiquement des destins similaires. Il a été international dans son pays comme moi, a joué dans des clubs où j’ai joué comme le PSG, est issu de Champigny-sur-Moine où j’ai grandi. Forcément les comparaisons n’ont pas cessé de 2019 jusqu’à présent. Est-ce que c’est le meilleur entraîneur ou c’est moi ?
Effectivement on a perdu deux matchs en 2019. Ce sont ces matchs qui nous ont permis de pouvoir gagner la Can 2022 parce qu’on a énormément appris. Ce sont ces confrontations qui ont fait qu’on s’est qualifié de nouveau à la Coupe du monde. Depuis 2019 on s’est refait. On a répondu présent à toutes les compétitions. Ça prouve notre caractère, notre force et qu’on a grandi. Mais en réalité ce n’est pas Djamel et moi qui allons jouer demain. On sera sur le côté du terrain pour pousser notre équipe. La dernière fois que j’avais joué l’Algérie ici (au Sénégal) on avait gagné. Je ne serai pas sur le terrain mais je leur enverrai toute la force et l’énergie nécessaire.
Ce sera un gros match pour nous. Ce sont ces matchs que nous désirons et ça s’inscrit uniquement dans le jeu. Pas une question de revanche ou de vengeance à prendre. Je n’ai pas une revanche à prendre parce qu’on a perdu une finale en 2019, on a gagné la finale en 2022 et on est retourné à la Coupe du monde. On est resté à la tête du continent pendant un bon bout de temps même si le Maroc y est actuellement. Nous continuons notre bonhomme de chemin. De 2019 jusqu’à aujourd'hui, si on regarde les performances des deux équipes, je crois que le Sénégal est au-dessus. Maintenant il faudra le montrer sur le terrain ».
Positionnement Gana Guèye
« Gana c’est Gana. Je lui ai donné 72 sur ses 100 sélections. Ça montre la confiance que j’ai en lui et surtout tout ce qu’il a eu à faire pour cette équipe depuis des années en termes de régularité et de performance. C’est un exemple pour tous les jeunes sénégalais en termes d’attitude, de patriotisme. Il est capable, avec ses qualités, de jouer relayeur comme il l’a montré en marquant des buts et en donnant des passes décisives. Je me rappellerai tout le temps de ce but qu’il marque contre le Bénin qui prouve qu’il a des qualités offensives. Il faut qu’il s’intègre cela quand il joue à ce poste et qu’il est capable de le jouer même si je sais que le poste qu’il adore jouer c’est devant la défense. Mais après un entraîneur, c’est essayer de faire en sorte d’avoir un certain équilibre de son équipe. Quand je pense que pour que notre équipe soit mieux équilibrée que Gana doit jouer relayeur, il le jouera et il l’a toujours bien fait. Aujourd’hui peut-être qu’on peut évoluer avec l’arrivée de certains joueurs qui ont un poste similaire, les choses bougeront. Ce qui est important c’est le groupe. Ce ne sont pas les individualités qui comptent mais plutôt avoir le même projet collectif et que chacun s’y intègre. Sentinelle ou pas, Gana a la qualité pour jouer partout sur le terrain ».