La joie n’a été hier que de courte durée pour les personnes inculpées dans l’affaire Pape Cheikh Diallo et Cie et qui avaient été relâchées par le juge d’instruction pour «prescription de l’action publique» ou «insuffisance de charges». En effet, alors qu’elles espéraient franchir le portail de la prison pour humer l’air de la liberté, le Procureur Saliou Dicko a refermé le portail en interjetant appel de l’ordonnance. La loi permettant au seul Procureur de faire appel de l’ordonnance définitive du juge d’instruction, Saliou Dicko a fait un recours qui suspend toute décision du juge.
Le chef du Parquet de Pikine a pris même la peine d’informer l’opinion en sortant un communiqué. «Ce vendredi sept août, le juge d’instruction en charge du 1er cabinet a rendu une ordonnance aux fins de non-lieu partiel et de renvoi devant le Tribunal correctionnel. Vingt-huit inculpés (28) ont bénéficié d’un non-lieu total, tandis que soixante-onze (71) ont été renvoyés pour les infractions d’association de malfaiteurs et d’actes contre-nature ; celles de mise en danger de la vie d’autrui, transmission volontaire du Vih ayant également fait l’objet d’un non-lieu. Le ministère public qui avait requis le renvoi de tous les inculpés pour ces diverses infractions a interjeté appel de ladite ordonnance», a informé le chef du parquet de Pikine, hier en fin de soirée.
Conséquence : tous les inculpés qui étaient en prison vont y rester ; jusqu’au moins un mois, le temps que la Chambre d’accusation tranche le différend entre le Procureur et le juge d’instruction. Ainsi, tous ceux qui ont été blanchis ne le sont plus.
A.D