Nouveau développement dans le dossier des 18 supporters sénégalais détenus à Rabat depuis le 18 janvier. Présentés ce jeudi devant le Tribunal de première instance, ils ont été entendus sur le fond… sans la présence de leurs avocats. Après cinq heures d’audience, le tribunal a renvoyé l’affaire au 19 février 2026 pour les plaidoiries, au lendemain de la fin officielle de la grève des avocats marocains.
C’est une étape judiciaire majeure qui a été franchie ce jeudi à Rabat. Les 18 supporters sénégalais ont comparu un à un devant le Tribunal de première instance. En l’absence de leurs avocats — conséquence directe de la grève qui paralysait le barreau marocain — ils ont néanmoins été entendus sur le fond du dossier.
Une situation qui interroge sur les conditions de leur défense, alors même que leurs conseils éprouvaient jusque-là d’importantes difficultés à entrer en contact avec eux.
Cinq heures d’audience, encore une semaine en prison
Après près de cinq heures de débats, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au jeudi 19 février 2026 pour les plaidoiries.
Cette décision intervient dans un contexte particulier : la grève des avocats a officiellement pris fin ce jeudi 12 février. Les plaidoiries devraient donc se tenir cette fois en présence des conseils des prévenus, ouvrant la voie à une défense pleinement constituée.
Interpellés depuis le 18 janvier, au lendemain de la finale de la Can, les 18 compatriotes vivent depuis près d’un mois au rythme des incertitudes judiciaires.
Cette audience marque un tournant, même si des zones d’ombre subsistent sur les charges exactes retenues contre eux et sur les conditions dans lesquelles ils ont été entendus sans assistance juridique.
À Dakar comme à Rabat, l’attention reste désormais tournée vers le 19 février, date qui pourrait s’avérer décisive dans ce dossier à forte charge émotionnelle et diplomatique.
La Fsf sur place, mais des obstacles persistants
Mandaté par le président de la Fédération sénégalaise de football, Abdoulaye Fall, Bacary Cissé est à Rabat aux côtés d’Issa Laye Diop, président du 12e Gaïndé, présent dès le lendemain des interpellations.
Mais là encore, les obstacles sont nombreux. «Pour accéder aux détenus, il faut vraiment montrer patte blanche», Bacary Cissé évoquant l’exigence de prouver un lien de parenté pour obtenir un droit de visite. À défaut, l’accès est refusé.
Même les représentants officiels peinent à établir un contact direct avec les supporters incarcérés.
Au-delà de la procédure judiciaire, Bacary Cissé insiste sur la dimension humaine du dossier. «La situation reste préoccupante, tant sur le plan judiciaire que sur le plan humain, pour ces supporters et leurs proches.»
Il salue néanmoins l’implication des autorités diplomatiques sénégalaises, notamment l’ambassadrice du Sénégal au Maroc, Son Excellence Madame Séynabou Dial, qui « ne ménage aucun effort pour que la dignité de ces Sénégalais reste intacte ».
Reste que, selon lui, les supporters « sont tombés au mauvais moment ». Entre grève des avocats, difficultés de communication et lenteurs procédurales, leur dossier semble enlisé.
Et pendant que l’attente se prolonge, l’inquiétude grandit, à Rabat comme à Dakar.
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