AFFAIRE DES 37 MILLIARDS DE AEE POWER : Madrid initie la procédure et sert des requêtes à la banque Santander et à Aee Power




 
 
 
 
 
Depuis le 24 février dernier, une procédure sur les 37 milliards de Aee Power est en cours dans une juridiction à Madrid. Mieux, les parties impliquées dans cette affaire à savoir la banque Santander et Aee Power ont reçu notification de cette procédure et devront, dans un délai de 10 jours après réception, fournir les éléments demandés par la Cour. Cette révélation a été faite par Thierno Alassane Sall en conférence de presse. 
 
 
 
 
 
Face à la presse, hier, le député et président de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a fait un large tour d’horizon sur la situation économique et sociale du pays. Et l’affaire des 37 milliards de Aee Power y figure en bonne place. D’emblée, il a démenti le Premier ministre qui, lors du Conseil des ministres dernier, a expliqué que le projet Aser connaît des lenteurs dues à des problèmes douaniers. «Les 37 milliards n'ont même pas servi à acheter du matériel pour qu'il y ait des problèmes à la Douane. Les 37 milliards ont disparu», charge le député qui embraye : «pourquoi le Premier ministre ne dit pas que l’argent a disparu ? Tout le monde sait que l’argent a disparu et c’est la Banque Santander qui l’a écrit. C’est dans une ordonnance de la Cour suprême. Pourquoi ne prennent-ils pas les mesures idoines à savoir mettre en demeure l’entreprise pour qu’elle dise où se trouve l’argent ?». Pire, dit-il, la plainte qu’il a déposée devant le Pool judicaire financier est au point mort pour une affaire aussi importante.
 
Madrid a ouvert une procédure sur les 37 milliards
 
Face à cette léthargie de la justice, exacerbée par une lutte fratricide entre le Président et son Pm pour la présidentielle de 2029, le député avait décidé de porter plainte en Espagne. Ce qui a été fait, annonce Thierno Alassane Sall, depuis le 24 février dernier. A l’en croire, une juridiction à Madrid a ouvert une procédure intitulée «Diligencias Previas» 140/2026 (enquête préliminaire) sur les 37 milliards de Aee Power et les parties concernées ont été informées de ladite procédure. Poursuivant, il ajoute que la Cour a envoyé des requêtes auprès de la banque Santander pour qu’elle fournisse au tribunal, dans un délai de dix jours à compter de sa réception, les informations dont elle dispose sur la destination des fonds reçus par Aee Power Epc ; mais aussi à Aee Power afin qu’elle fournisse, dans les mêmes délais, à compter de sa réception, des informations sur l’utilisation des fonds reçus dans le cadre du contrat. Cette démarche, de l’avis du député, ne viole en rien les secrets de l’instruction. Au contraire, dit-il, c’est une démarche de célérité et de transparence à l’opposé des lenteurs notées dans les juridictions du Sénégal. Selon Thierno Alassane Sall, toutes les mesures diligentes doivent être prises pour sécuriser l’argent avant qu’il ne soit dépensé par ceux qui l’ont pris.
 
«Les obligations ont été rachetées au Togo pour faire face à l’échéance des eurobonds»
 
Sur la dette remboursée en Mars, Thierno Alassane Sall révèle : «le Sénégal aurait honoré l’échéance de sa dette de mars 2026 sans qu’aucune communication officielle crédible n’émane des autorités. L’opacité qui entoure cette opération est d’autant plus préoccupante que les seules informations disponibles proviennent du Togo où, dit-il, une partie importante des obligations ont été rachetées pour permettre au gouvernement de disposer de liquidités et faire face à cette échéance», révèle le député qui annonce que le moins qu’on puisse faire, c’est de dire à l’Assemblée nationale et au peuple sénégalais qui sont ces individus ou ces institutions qui ont pu racheter ou mettre à disposition ces liquidités au gouvernement.
 
Thierno Sall accuse le Pm d’avoir pris l’avion d’un cimentier dans un contexte de négociation des contrats  
 
Dans le domaine des mines, Thierno Alassane Sall déplore aussi le comportement du Pm. «Est-il normal dans un tel contexte de négociation de contrats avec des entreprises de cimenterie que le Premier ministre puisse emprunter ou prendre l’avion en particulier d'un des cimentiers ?», interroge le député qui n’a pas occulté l’affaire Kayar Offshore profond. Contrairement à ce qui a été dit par le gouvernement, il révèle que BP avait cédé ses droits à Kosmos qui n’a entrepris aucune action. A l’en croire,  la licence de Kosmos renouvelée pour trois ans en 2023 arrive à expiration en 2026. «C’est naturel, dit-il que le permis arrive à expiration dans les prochains mois et Kosmos n’entend pas développer ce champ dans les conditions actuelles. Ce que la loi prévoit c’est que Kosmos rende son permis à l’Etat. Cela n’a rien d’un acte de souveraineté», précise le député.
 
 
M. CISS
 
 
LES ECHOS

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