À la veille de la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a livré son traditionnel message à la Nation. Comme chaque année, le chef de l’État a rendu un vibrant hommage aux forces de défense et de sécurité. Cette année, le discours est marqué par un appel à la vigilance face aux tensions mondiales, à la consolidation des réformes économiques et à la mobilisation collective autour des grands chantiers nationaux, notamment les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026 et la refondation du système éducatif.
À quelques heures de la célébration du 4 avril, organisée cette année à Thiès, le chef de l’État s’est adressé aux Sénégalais dans un contexte international qu’il a lui-même qualifié d’«instable», appelant à la lucidité, à la responsabilité et à l’unité. Dès l’ouverture de son discours, il a tenu à donner à cette commémoration une portée qui dépasse le cadre symbolique, en l’inscrivant dans une dynamique d’action collective. «Ce rendez-vous du 4 avril est plus qu’une simple commémoration. Il est un moment de rassemblement, un moment de fierté, un moment où la Nation mesure le chemin parcouru et se remet en marche, plus consciente de ce qui l’unit. L’indépendance fut un acte fondateur. Elle a donné au Sénégal le droit de choisir, le devoir de décider et la responsabilité d’assumer son destin», a déclaré le président Faye.
Très vite, le discours s’ancre dans les réalités contemporaines. Faye a insisté sur les tensions qui traversent le monde et leurs conséquences directes sur les économies. «À l’heure où tant de peuples vivent l’épreuve de l’instabilité, où des conflits déchirent des régions entières et où les équilibres du monde se déplacent avec fracas, nous devons mesurer ce que nous avons de plus précieux : la République», a-t-il souligné.
Dans la continuité, il a explicitement évoqué les effets de ces crises sur le quotidien des Sénégalais. «Dans ce contexte international particulièrement instable, marqué notamment par l’escalade des tensions au Moyen-Orient et la guerre en Iran, les équilibres économiques mondiaux demeurent exposés à des chocs imprévisibles. Ces évolutions exercent déjà des pressions sur les chaînes d’approvisionnement, les coûts de transport et les prix de l’énergie», a-t-il expliqué.
Face à cette situation, le chef de l’État appelle à la prudence et à la constance dans l’action publique. «C’est pourquoi nous devons rester lucides, anticiper ces évolutions et poursuivre, avec méthode et responsabilité, les réformes engagées afin de préserver durablement notre économie et le pouvoir d’achat des Sénégalais», a-t-il indiqué.
Les Fds, socle de la République et cœur du 4 avril
Dans son discours, les Forces de défense et de sécurité ont été longuement mises à l’honneur. Le Président les a présentées comme le pilier de la stabilité nationale, dans un environnement régional marqué par de fortes tensions. Au-delà de l’hommage, le chef de l’État a mis en lumière une transformation en cours de l’appareil sécuritaire, traduisant une volonté d’adaptation aux nouvelles menaces. «La modernisation de nos Forces de défense et de sécurité, engagée ces dernières années, a permis de renforcer leurs capacités et d’adapter leur organisation aux défis contemporains. Le déploiement stratégique à l’Est, l’implantation de nouvelles unités et 4la création d’une industrie de défense traduisent une préparation minutieuse et lucide», a-t-il détaillé.
Joj 2026, un défi national et un pari continental
Le Président a consacré un développement important à cet événement majeur, présenté à la fois comme une vitrine et un levier de transformation. Poursuivant dans la même lancée, le président de la République renseigne qu’à six mois de leur tenue, la mobilisation est totale. «La Gendarmerie et la Police nationales préparent un dispositif de sécurisation complet (…) Des milliers de personnels, appuyés par des moyens terrestres, maritimes et aériens, seront engagés afin de garantir la sérénité de cet événement historique», a-t-il précisé.
Refondation de l’enseignement supérieur
Le chef de l’État n’a pas éludé les tensions récentes qui secouent le milieu universitaire, notamment à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. «L’université sénégalaise doit être repensée. Face aux fragilités du système d’enseignement supérieur du fait de la massification des effectifs d’étudiants, de l’insuffisance du nombre d’enseignants-chercheurs et des infrastructures, des corrections s’imposent pour un redressement de la situation. Il est impératif de procéder à une refondation de l’enseignement supérieur», a-t-il insisté.
Inclusion sociale et solidarité, piliers du modèle de développement
Sur le plan social, Diomaye a mis en avant une vision du développement centrée sur l’inclusion et la dignité. Il a indiqué que le progrès véritable ne se mesure pas seulement à la croissance économique, mais aussi à la capacité d’un pays à prendre soin des plus vulnérables. «La Vision Sénégal 2050 nous enseigne que le progrès véritable ne se mesure pas seulement à la croissance économique, mais aussi à la capacité d’un pays à prendre soin des plus vulnérables et à garantir à chacun sa dignité et sa place dans la communauté nationale. C’est pourquoi, j’ai placé l’inclusion des personnes handicapées au cœur de l’action publique. Plus de quinze mille (15.000) titulaires de la Carte d’égalité des chances sont déjà enrôlés dans le régime d’assurance maladie universelle, avec un objectif d’extension significatif en 2026», a déclaré Faye, ajoutant que l’accès à l’emploi et à l’entrepreneuriat est renforcé.
Il a détaillé plusieurs dispositifs, notamment en faveur des personnes en situation de handicap, avec l’extension de la couverture maladie universelle et le financement de projets entrepreneuriaux. Par ailleurs, les programmes de bourses de sécurité familiale et les mécanismes de protection sociale adaptative ont été présentés comme des outils essentiels pour amortir les chocs économiques et climatiques.
Sidy Djimby NDAO