Si ses trois autres acolytes présumés ont bénéficié d'une relaxe pour complicité d'association de malfaiteurs, séquestration et tentative d'extorsion de fonds, Ibrahima Ndiaye dit Madré, lui, a été reconnu coupable des faits d'actes contre-nature nature puis condamné à 1 an de prison ferme. De même que le Belge de 68 ans, Jean Jacques Mahi. Ce dernier, en fuite après une liberté provisoire, s'était constitué partie civile dans cette affaire où il aurait été piégé puis séquestré par les susnommés. La 2e chambre du tribunal correctionnel de Dakar qui a rendu le verdict dans cette affaire avant-hier, mercredi 14 octobre 2026, les a aussi condamnés à payer chacun une amende de 500.000 F Cfa.
Là où ces coinculpés Ndiémé Seck, Fatoumata Bintou Keïta et Abdoulaye Ba ont bénéficié d'une relaxe pure et simple, Ibrahima Ndiaye, 26 ans, peint comme le cerveau de la bande qui piégeait sur les réseaux sociaux des homosexuels européens pour les faire chanter, ainsi que le Belge de 68 ans, en fuite, Jean Jacques Mahi, ont été condamnés à seulement 1 an de prison ferme pour actes contre-nature. Alors que le procureur avait requis 2 ans ferme lors du procès du 23 septembre 2026, devant la 2e chambre du tribunal correctionnel de Dakar. Outre cette sentence, ces prévenus sont également condamnés à payer chacun une amende de 500.000 F Cfa. Par ailleurs, le tribunal a relaxé le jeune Sénégalais des faits d'association de malfaiteurs, de séquestration délictuelle et tentative d'extorsion de fonds pour lesquels il était aussi poursuivi. Il faut rappeler que par rapport aux autres qui ont recouvré la liberté et qui ont été inculpés pour complicité de ces chefs d'inculpation, le représentant du procureur avait demandé l'application de la loi pénale contre eux.
Rappel de l’affaire qui avait défrayé la chronique
Sselon les éléments de la procédure, le démantèlement de ce réseau présumé fait suite à une relation amoureuse nouée en ligne. Derrière cette idylle se serait dissimulé un mécanisme de chantage et d’extorsion de fonds dont Ibrahima Ndiaye serait le principal instigateur. D’après les enquêteurs, ce dernier, avec la complicité des autres personnes mises en cause, aurait ciblé des homosexuels européens. Le mode opératoire présumé consistait à séduire les victimes sur des sites de rencontres, à les attirer au Sénégal, puis à les séquestrer afin de leur extorquer d’importantes sommes d’argent. L’affaire impliquant Jean-Jacques Mahi aurait débuté sur le site de rencontres "Gay Rome". Le ressortissant belge pensait y avoir trouvé l’amour en la personne d’Ibrahima Ndiaye, âgé de 26 ans et surnommé "Madré". Après de nombreux échanges sur WhatsApp, il décide de se rendre à Dakar, où il arrive le 28 mars. Il y est accueilli par celui qu’il considère alors comme son partenaire, sans se douter des intentions qui lui sont prêtées par les enquêteurs.
Après avoir passé une première nuit ensemble, les deux hommes se rendent à Saly en compagnie des personnes présentées comme les complices présumés de "Madré", notamment Ndiémé Seck, Fatoumata Bintou Keïta et Abdoulaye Ba. Cependant, ce séjour prend une tournure inattendue. Le 3 avril, Ibrahima Ndiaye aurait convaincu son partenaire de retourner à Dakar. Jean-Jacques Mahi se rend alors sur l’île de Ngor, où la situation bascule. Selon les éléments de l’enquête, le ressortissant belge y aurait été séquestré, dépouillé de ses effets personnels et contraint, sous la menace, de solliciter une somme de 7000 euros auprès de son frère résidant en Belgique. Inquiet pour son proche, ce dernier lui transfère finalement 5000 euros par l’intermédiaire de Western Union.
Ils refusent de s’expliquer sur leurs lésions anales
Entre-temps, l’entourage de Jean-Jacques Mahi alerte les autorités. Les investigations menées par la Section de recherches permettent alors de localiser les suspects, notamment grâce au numéro utilisé pour le retrait de l’argent. Les personnes mises en cause sont finalement interpellées, tandis que le ressortissant belge est libéré le 4 avril. Au cours des investigations, les gendarmes auraient découvert des éléments laissant supposer l’existence d’un système organisé de chantage sexuel. Selon les enquêteurs, le groupe aurait attiré des ressortissants européens au Sénégal en leur faisant miroiter des relations amoureuses, avant de les piéger et de leur réclamer de l’argent en exploitant leur vulnérabilité. Par ailleurs, les faits d’actes contre-nature ont également été examinés au cours de la procédure.
Des examens médicaux pratiqués sur Jean-Jacques Mahi et Ibrahima Ndiaye auraient révélé des lésions anales. Interrogés sur ces constatations, les deux hommes auraient refusé de s’expliquer. Jean-Jacques Mahi a toutefois déclaré avoir subi des fellations qui lui auraient été imposées par Ibrahima Ndiaye. À l’issue de l’enquête, l’ensemble des personnes mises en cause, y compris le ressortissant belge, ont été placés sous mandat de dépôt. Se présentant comme une victime dans cette affaire, Jean-Jacques Mahi qui est poursuivi pour des faits d’actes contre-nature et qui s’est également constitué partie civile dans cette affaire avait pris la fuite à la suite d'une liberté provisoire qui lui a été accordée après quelques mois passés en détention provisoire.
Fatou D. DIONE