Accusé d'avoir violé, courant 2021, sa nièce âgée de moins de 13 ans, Momar Mbengue a été jugé hier, mardi 9 juin 2026, devant la chambre criminelle de Dakar où il a nié les faits, alors qu’il avait pourtant reconnu devant les enquêteurs avoir cessé d'abuser d'elle lorsqu'il s'est marié.
Depuis 5 ans, Momar Mbengue croupit en prison sous les incriminations de viol, pédophilie et détournement d'une mineure âgée de moins de 13 ans. C'est suite à la plainte de sa grande-sœur Mbathio Mbengue qu'il a été arrêté pour viol présumé sur sa nièce. Les faits se sont passés à Rufisque courant 2021. En effet, la plaignante qui se trouve être la mère de la gamine, constatant que sa fille mineure O. Salamata Ba tardait à voir ses menstrues, l'a conduite à l'hôpital pour voir ce qui n'allait pas. C'est là que l'horreur a été découverte par l'homme de l'art. Ce dernier, dans son rapport médical, a conclu à des déchirures hyménales incomplètes et d'un hymen béant. Interrogé sur l'état de ses parties intimes, la gamine accusait son oncle, Momar Mbengue. La victime présumée déclarait que son oncle lui avait fait croire qu'il avait une commission pour elle avant de l'inviter dans sa chambre. La nièce soutenait que l'accusé l'avait par la suite soulevé puis s'est couché sur elle en enlevant son slip avant de frotter son sexe contre le sien en terminant par la pénétrer. "Depuis que je faisais la classe de CE1, il abusait de moi jusqu'au moment de son mariage. Ça a duré plusieurs années. C'est depuis mes 9 ans qu'il avait commencé à me violer", avait-elle expliqué aux enquêteurs.
Aveux et dénégations
Cueilli et entendu, Momar Mbengue avait reconnu avoir entretenu à plusieurs reprises des rapports sexuels avec sa nièce. Il déclarait que O. Salamata Ba avait pris goût au sexe et par la suite ne cessait de lui en réclamer. "J'ai cessé d'abuser d'elle sexuellement lorsque je me suis mariée", avait-il confié au cours de son audition préliminaire. Mais coup de théâtre. Devant la chambre criminelle de Dakar où il a été jugé hier, mardi 9 juin 2026, Momar Mbengue a complètement varié dans ses déclarations. Non seulement il a réfuté les aveux qu'il avait faits devant les enquêteurs et qui sont sur procès-verbal, mais il a allégué une machination dirigée contre sa personne dans le but de le nuire. "C'est à cause d'un différend que ma sœur et ma nièce ont monté cette histoire de toutes pièces", a-t-il lâché contrairement à ce qu'il avait dit à l'enquête.
Le procureur, en l'absence de la fillette et de sa civilement responsable, Mbathio Mbengue, a requis l'application de la loi pénale contre l'accusé. Pour la défense, Me Abdou Aziz Djigo, qui a lui aussi arboré la théorie du complot contre son client, a indiqué que cette affaire ne repose que sur des "accusations gratuites". «Dans cette maison où il y a un monde fou, comment peut-il abuser d'elle depuis ses 9 ans sans pour autant attirer l'attention des voisins ?», s'est interrogée la robe noire. Le conseil estime que ce dossier devait être classé sans suite avant de demander son acquittement pur et simple. Après les débats, cet accusé dont le mariage est parti en vrille à cause de cette histoire, selon l'avocat, sera édifié sur son sort le 14 août 2026.
Fatou D. DIONE