ACCIDENTS DE LA CIRCULATION LORS DU MAGAL DE TOUBA : Le ministre de l’Intérieur appelle au changement de comportements et à la fermeté des Fds




 
 
 
 
 
Venu porter le message du président de la République à la cérémonie officielle du Grand Magal de Touba, le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Makhtar Cissé, a déploré les pertes en vies humaines dans les accidents de la circulation. En plus d’appeler au changement des comportements, il a instruit les forces de l’ordre à la fermeté pour faire régner l'ordre dans la ville sainte ; persuadé que les citoyens ne peuvent pas s'auto-discipliner. Il est aussi revenu sur l’appel du chef de l’Etat à la paix et à l’unité qui n’est motivé, dit-il, par une quelconque velléité de fusion.
 
 
 
 
 
La 132e édition du Grand Magal de Touba a pris fin hier avec la cérémonie officielle présidée par Serigne Bassirou Abdou Khadre Mbacké, porte-parole du Khalife général des Mourides en présence d’une forte délégation gouvernementale dirigée pare ministre de l'Intérieur, Mouhamadou Makhtar Cissé. En présence étalement des dignitaires de la communauté mouride, de représentants diplomatiques, d’hommes politiques, etc. A cette occasion, le ministre de l’Intérieur a d’emblée réaffirmé l’engagement du président de la République à ne ménager aucun effort pour le développement de la ville sainte de Touba conformément à ses engagements et aux aspirations du Khalife général des Mourides. S'agissant de l’organisation de la présente édition, il regrette les impairs notés en dépit des instructions du chef de l’Etat et de son Premier ministre.
 
Le gouvernement assume les manquements à Touba
 
Mouhamadou Makhtar Cissé a ainsi assumé ce qui relève de la responsabilité du gouvernement. « Quiconque vient à Touba et voit son pneu crever dans une flaque d'eau, nous lui demandons pardon, c'est notre responsabilité. Quiconque se fait voler son téléphone portable, nous lui demandons pardon, c'est notre responsabilité. Quiconque manque d'eau ou rencontre un autre souci, nous lui demandons pardon, c'est notre responsabilité. A ceux qui viennent parfois de l'étranger pour accéder au sanctuaire sacré de Serigne Touba sans pouvoir y accéder à cause de l'affluence et des encombrements. Nous demandons aussi pardon », endosse le ministre de l’Intérieur qui invite, dans la foulée, tous ceux qui travaillent pour le gouvernement à se retrousser les manches pour parfaire cette œuvre de l’Etat à Touba. « Serigne Touba est un océan de bénédictions. Et, participer à ses œuvres fait partie de cette quête de bénédictions », dit-il.
 
Il n'y a aucune fatalité : les gens doivent faire preuve de prudence sur la route
 
En ce qui concerne les accidents de la circulation enregistrés lors du Grand Magal de Touba, le ministre de l'Intérieur a déploré et regretté les morts (21 morts). « Il y a beaucoup d’accidents. C'est un sujet qui mérite toute notre attention. Il n'y a aucune fatalité : quand nous devons nous déplacer pour le Magal ou pour un événement de cette ampleur, les gens doivent faire preuve de prudence sur la route. Les forces de sécurité font tout ce qu'elles peuvent, elles sont mobilisées au maximum ; mais nous devons davantage revoir nos comportements, revoir notre manière de faire pour réduire considérablement ces tragédies qui touchent la population », fait remarquer M. Cissé, persuadé que l’heure est désormais à l’action. « Trêve de réflexions ! Ce qu'il faut, c'est agir ensemble », indique le ministre.
 
Le désordre est grand et cela ne peut pas continuer ainsi
 
Poursuivant, le ministre de l’Intérieur a déploré la désorganisation notée sur nos routes. «Le désordre est grand, et cela ne peut pas continuer ainsi. Il est temps de faire une véritable introspection. Des états généraux ont eu lieu, des dialogues et des assises se sont tenus. Si l'on prend l'exemple des accidents de la route, en toute vérité, la situation actuelle n'est pas belle à voir. Il n'y a pas besoin d'être un grand expert pour constater que la circulation est dans un état chaotique. Aujourd'hui, la chaussée est occupée, les trottoirs sont transformés en commerces», se désole de constater Makhtar Cissé. Qui renchérit : «Nous devons nous organiser et nous donner la main et faire régner l'ordre».
 
Faites tout ce que la loi exige de vous. Les citoyens ne peuvent pas s'auto-discipliner seuls
 
Dans cette quête de solutions, il est d’avis que ceux qui sont chargés de la sécurité et de la tranquillité publique ont la plus grande part de responsabilité pour faire respecter l’ordre avec rigueur. « Faites tout ce que la loi exige de vous. Soyez fermes et exemplaires, car vous seuls, pouvez faire régner l'ordre dans la ville sainte. Les citoyens ne peuvent pas s'auto-discipliner seuls», ordonne le ministre de l’Intérieur qui appelle les dépositaires de la force publique à s’engager à l’image du fondateur du Mouridisme qui s’est engagé, dit-il, pour sauver les hommes. « Engagez-vous pour protéger la population. C'est la leçon que vous devez tirer de ce Magal : adopter une posture ferme et remettre les choses sur les rails », martèle M. Cissé. Mieux, il compte impliquer son collègue de la Justice en vue d’harmoniser la politique pénale. A l’en croire, ce que les forces de l'ordre constatent et appliquent sur le terrain trouvera son prolongement devant les tribunaux pour que les Sénégalais soient en sécurité. «Les Sénégalais doivent pouvoir dormir en paix la nuit ; ce sont les forces de sécurité qui ne doivent pas dormir. Jour et nuit, vous ne devez plus relâcher la vigilance, car l'insécurité prend de l'ampleur, et à la longue, cela détruit et fragilise un pays», précise le représentant du gouvernement.
 
L'appel du Président, ce n’est pas pour imposer une fusion, c’est un appel à la paix et à l’unité
 
En outre, Cissé s’est félicité de l’unité de tous les fils du pays, au-delà des clavages politiques, lors du Grand Magal de Touba. Une image représentative, dit-il, de la carte postale du Sénégal. Seulement, il souhaite que cette unité perdure. « Lorsque nous repartirons d'ici, nous devons pouvoir continuer à marcher ensemble au sein de la société, et montrer l'exemple d'une telle union. Nous ne devrions pas nous réunir uniquement de manière circonstancielle pour nous dire de belles paroles, puis repartir nous diviser. Ce pays n'appartient à personne en particulier. Personne n'a le monopole de la pensée. Les avis ne peuvent pas tous être identiques, les désirs ne peuvent pas tous être les mêmes, mais la concorde peut exister pour mener ce pays là où nous voulons qu'il aille », rapporte le ministre qui évoque une conviction profonde du chef de l’Etat qui incarne « l’unité nationale » conformément à l’article 42 de la Constitution.
 
L’élection du Président doit pousser les gens à l’humilité et au calme
 
Makhtar Cissé a, par ailleurs, rappelé que la Magal est un jour de pardon en dépit des épreuves endurées par le fondateur du Mouridisme. Il a, ainsi appelé à s’inspirer des nobles vertus de Khadimou Rassoul, de cette droiture imprimée, persuadé que le pays ne peut prospérer que dans la paix. «Soyons tous unis, ne faisons qu'un. Les difficultés sont nombreuses, la souffrance est présente, mais nous ne pouvons bâtir ce pays sans l'unité, sans apaiser les cœurs, et sans redevenir un seul peuple. Cela n'empêche pas la politique ou d'autres domaines d'exister», indique M. Cissé qui justifie le l’élection du Président par la volonté divine. «Cela doit pousser les gens à l'humilité et au calme. Sachons que ce que Dieu remet entre nos mains, nous devons le conduire avec responsabilité et droiture, car un jour viendra où cela prendra fin et nous passerons à autre chose », sermonne l’ancien patron de la Senelec.
 
M. CISS
 
 
 
 
 
IMPACT ECONOMIQUE DU MAGAL DE TOUBA
Les flux financiers estimés à 630 milliards francs Cfa dans la période du Magal
 
 
 
 
 
Serigne Bassirou Abdou Khadre Mbacké, porte-parole du Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a livré l’impact économique du grand Magal de Touba qui mesure l’ampleur de cet événement religieux. Ces études, dit-il, ont été réalisées par des enseignants-chercheurs de l’Université de Bambey, Dakar et Touba. « En 2025, les estimations de flux financiers injectés durant le Magal s’élevaient à 250 milliards francs Cfa. En réévaluant ces chiffres cette année, avec des méthodes rigoureuses et validées par la Banque centrale, l'estimation des flux financiers a atteint 630 milliards francs Cfa pour cette présente édition du Magal. Ce n'est pas une petite somme », indique le porte-parole du Khalifa. A l’en croire, une telle injection financière en dix jours équivaut à ce que beaucoup de cités ne voient pas passer en un temps bien plus long. Ce qui lui fait dire que c'est un élément d'une importance capitale.
Encore que, dit-il, ces estimations ont été faites avec une marge prudentielle. « En ramenant par exemple des estimations de 200.000 francs à 100.000, ou de 300.000 francs à 200.000 francs pour être certain de ne pas exagérer ; certains universitaires estiment que la valeur globale avoisine en réalité les 1000 milliards francs Cfa. « Il n'existe quasiment pas d'autre rassemblement d'une telle ampleur dans le monde », indique-t-il.
Ce qui lui fait dire qu’au-delà de la dévotion et du culte, il est primordial de réexaminer et de méditer sur cet événement. En outre, se prononçant sur les accidents de la circulation, il a d’emblée annoncé que les morts sur la route du Magal sont des martyrs ; étant donné, dit-il, que leur démarche est motivée par le culte d'Allah. Cependant, il a invité les usagers à redoubler de prudence sur la route. « Les gens ne peuvent pas s'auto-discipliner. Ceux qui ont cette charge doivent faire tout leur possible pour réduire les accidents, car la perte d'une seule vie humaine est inestimable », tranche Serigne Bass Abdou Khadre.
 
M.C
 
 
 
 
 
 
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