Par-delà les clivages politiques, une ligne rouge est en train d’être franchie. Le Comité de résistance populaire, qui prévoit une conférence de presse le 9 février prochain, par la voix de son président Abou Lô, ancien ministre de la Communication, lance un appel solennel aux populations du Fouta, aux citoyens de la région de Matam et à tous les Sénégalais épris de justice et de paix à faire front, ensemble, face à ce qu’il qualifie de dérive autoritaire du régime Pastef.
Au cœur de cette mobilisation, Farba Ngom, «aujourd’hui au centre d’un acharnement politico-judiciaire sans précédent». Pour Abou Lô, «les faits sont troublants, persistants et révélateurs. Dès sa nomination à la primature, Ousmane Sonko n’avait-il pas désigné Farba Ngom comme un adversaire à abattre politiquement ? Comment expliquer autrement l’acharnement dont il fait l’objet ?». Malgré l’avis favorable des juges du parquet financier, qui avaient décidé de sa libération à la suite de contestations sérieuses des accusations de détournement de deniers publics, Farba Ngom demeure en détention. Plus troublant encore, le même parquet n’a pas fait appel de la libération du principal accusé dans cette affaire, Tahirou Sarr.
Deux poids, deux mesures ?
Pour Abou Lô, il ne s’agit plus d’un simple dossier judiciaire, mais bien d’une volonté assumée du pouvoir exécutif d’en découdre avec un adversaire politique majeur. «Ce qui se passe aujourd’hui est grave. La justice ne peut pas être utilisée comme une arme pour éliminer des adversaires politiques», martèle-t-il.
Le président du Comité de résistance populaire rappelle que le Sénégal s’est toujours distingué par la transmission pacifique et démocratique du pouvoir, de Senghor à Macky Sall, en passant par Abdou Diouf et Abdoulaye Wade.
Mais, selon lui, «le pays traverse aujourd’hui une zone de turbulences inédites de haine banalisée, insultes publiques, règlements de comptes, climat de peur et de division».
Un appel à la mobilisation pacifique et républicaine
Face à ce qu’il qualifie de dérives dangereuses, Abou Lô appelle à un combat de principe, fondé sur le droit, la parole et l’action pacifique. Un combat inspiré par les sages du Fouta, par leurs conseils et leurs prières, pour préserver la stabilité nationale. «Défendre Farba Ngom, ce n’est pas défendre un homme, c’est défendre un principe. C’est défendre l’État de droit, la dignité humaine et la République», insiste-t-il. «Le premier acte de cette résistance citoyenne commence le 9 février prochain, autour de la conférence de presse du Comité de résistance populaire». Un rendez-vous que ses initiateurs présentent comme un tournant décisif pour la défense des libertés et de la justice au Sénégal.
BMS