Le chroniqueur sportif Abdoulaye Diaw donne son avis sur l’actualité du football sénégalais dominée par les élections à la présidence de la Fédération sénégalaise de football (Fsf), du 7 août prochain. Si tout le monde est partagé entre les deux candidats en lice à savoir Augustin Senghor et Mady Touré, Abdoulaye Diaw trouve «dommage» cette «séparation».
«Cette fédération a mieux travaillé que les précédentes»
«Je regrette la situation du moment. Parce qu’ensemble, ils ont eu à bien travailler. Depuis très longtemps, c’est cette fédération qui a mieux travaillé que les précédentes. Parce qu’une fédération, on la juge par des réalisations sur le terrain. La réalisation de certaines infrastructures relève des compétences de l’Etat. On ne peut pas demander à une fédération de construire un stade. Sous cette fédération, on a vu la réalisation des centres d’accueil de Guereo et de Toubab Dialaw, centres techniques Jules Bocandè et Youssou Ndiaye. Depuis quelque temps aussi, on a vu la progression de la petite catégorie qui fait de bons résultats. Et quand on a demandé aux jeunes ce qui a changé, ils nous ont dit que maintenant, ils ont des lieux où ils peuvent se préparer. Qu’ils peuvent entrer en regroupement pendant longtemps, sans compter les déplacements avec un bus à leur disposition, du lieu de regroupement au stade etc. Ils peuvent rester sur place pendant un mois ou plus et travailler. Ça c’est cette fédération qui a réussi à le réaliser. Par moments, on a confondu les résultats sur le terrain à ceux des fédéraux. Parce que ces derniers font dans l’administration. Si la fédération n’avait pas fait ces réalisations, peut-être qu’on l’aurait demandé à l’Etat.»
«Cette séparation nous arrive au mauvais moment»
«Au moment où Augustin va à la Caf, je crois que c’est le moment de le renforcer. Parce que nous sommes en football et il n’y a pas de vérité absolue. Il n’y a que des vérités d’étape. Pendant deux ans, nous vivions cette vérité, ça va peut-être changer au bout d’un moment. Augustin Senghor devant aller à la Caf, il faut le renforcer, en lui confiant à nouveau la Fédération sénégalaise de football. Si la Caf lui fait confiance pour lui confier le poste de premier vice-président, ça n’a pas de sens qu’au Sénégal on lui enlève la fédération. Il s’est trouvé renforcé dans un milieu qui reste la tutelle de la Fsf. La fédération aura besoin de la Caf. Si ladite fédération a la chance de voir son président occuper un poste aussi stratégique que celui de premier vice-président de la Caf, c’est à prendre. Je connais des pays qui auraient battu campagne, auraient investi si possible beaucoup d’argent pour être à la place du Sénégal. C’est dommage que cette séparation nous arrive au mauvais moment, parce que tout s’entend et tout se voit. Toute l’Afrique et le reste du monde nous entendent. Alors, si on nous voit dans de telles tribulations, ce n’est pas digne du pays qui occupe la place de premier vice-président de la Caf.»
«Réconcilier tous ces grands dirigeants du football sénégalais tiendrait peut-être d’une petite réunion entre eux quatre»
«Mais il y a peut-être des chances de les voir se réconcilier, parce que ce n’est pas un déchirement profond. Parce que Mady Touré reste toujours un pion essentiel de la structure qu’il dirige en ce moment. Il est le plus jeune de tous, l’avenir lui appartient. Je regrette qu’il y ait fissure, au moment où Augustin Senghor devait être renforcé en allant à la Caf. Motsepe, président de la Caf, a les moyens de consolider son poste de président partout où il passe. Augustin n’a pas les moyens de Motsepe, mais a sa confiance. Ça n’est pas à vendanger. Et malheureusement, si nous nous entrebattons, nous donnons raison à ceux qui ont souvent avancé que l’adversaire du Sénégal, c’est le Sénégal. Tous sont des présidents de clubs rompus à la tâche. Ils se retrouveront pour la réunion dit-on de la réconciliation. Ce qui me fait plaisir, c’est d’entendre Augustin dire qu’il ne perd pas espoir de voir la sérénité revenir dans le groupe. Il dit connaître Mady Touré et sait qu’il va réintégrer le groupe en toute sincérité. C’est bien de voir qu’Augustin en soit convaincu. Réconcilier tous ces grands dirigeants du football sénégalais tiendrait peut-être d’une petite réunion entre eux quatre. Entre Augustin, Mady, Saer, Mbaye Diouf Dia et Lamotte s’il le faut. Je pense qu’ils vont se retrouver. Ils sont tous de grands dirigeants et assez responsables, qui savent comment défendre les intérêts du football sénégalais.»