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ABASS FALL, MAIRE DE LA VILLE DE DAKAR « La Place de l’Indépendance, c’est l’histoire de Dakar que nous voyons ici »




 
 
Réhabilitée pour 744 millions de francs Cfa, la Place de l’Indépendance a été officiellement réceptionnée par le maire de la Ville de Dakar, qui l’a remise à la mairie de Dakar-Plateau pour sa gestion. Au-delà de l’aménagement urbain, l’édile veut faire de ce site emblématique un véritable espace de mémoire, de culture et de transmission de l’histoire du Sénégal.
 
La Place de l’Indépendance change de visage, mais entend surtout retrouver sa place dans la mémoire collective. Le maire de la Ville de Dakar a procédé hier à la réception officielle de l’ouvrage réhabilité par les services municipaux, avant de le remettre à la mairie de la commune de Dakar-Plateau. Pour la Ville de Dakar, cette rénovation ne se résume pas à une opération d’embellissement urbain. Elle porte une dimension historique et mémorielle assumée. « Cette place ne sera pas vue comme un lieu d’animation ou d’attraction touristique comme d’autres espaces publics et historiques de certains pays. C’est l’aspect mémoriel qui nous réunit aujourd’hui à la Place de l’Indépendance », a souligné le maire.
 
 
 
« C’est l’histoire de Dakar que nous voyons ici »
 
 
 
L’édile entend ainsi inscrire la Place de l’Indépendance dans une démarche de conservation et de transmission du patrimoine historique de la capitale. « Cette place, c’est l’histoire de Dakar que nous voyons ici. C’est l’histoire de la politique, l’histoire de l’indépendance du Sénégal avec les porteurs de pancartes », a-t-il rappelé. La Ville de Dakar souhaite travailler, avec la commune de Dakar-Plateau, à une meilleure valorisation de cette dimension historique. L’ambition est de faire de cet espace un lieu où l’on vient certes se promener, mais aussi découvrir, raconter et transmettre l’histoire du Sénégal. « On doit travailler à ce que cette place soit un lieu d’attraction culturelle et où on conte l’histoire », a indiqué le maire, qui estime que les autorités doivent désormais prendre en charge « l’aspect mémoriel » du site.
 
 
 
Un investissement de 744 millions de francs Cfa
 
 
 
La réhabilitation de la Place de l’Indépendance s’inscrit dans le programme propre de la Ville de Dakar. L’opération représente un investissement de 744 millions de francs CFA. Le chantier désormais achevé permet à la municipalité de respecter son calendrier, notamment à l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026. « Le Premier ministre doit être rassuré maintenant. Les travaux sont terminés avant le démarrage des JOJ Dakar 2026. Il ne devrait pas s’inquiéter », a lancé le maire, rappelant que la municipalité était convaincue de pouvoir livrer l’ouvrage dans les délais.
Après l’investissement consenti par la collectivité, le maire veut désormais responsabiliser les usagers. La préservation de la Place de l’Indépendance ne devra pas relever uniquement des pouvoirs publics. « Cette place vous appartient », a-t-il lancé à l’endroit des usagers, les invitant à contribuer à sa conservation et à lutter contre l’insalubrité. « C’est bien d’aménager, mais il est aussi de la responsabilité des usagers de prendre soin de cet espace », a-t-il insisté. Car, au-delà de son aspect architectural, la Place de l’Indépendance demeure, selon lui, « le cœur de Dakar ». À ce titre, sa propreté et sa préservation doivent devenir une responsabilité collective.
 
 
 
Un clin d’œil au Premier ministre
 
 
 
La cérémonie s’est également terminée sur une note plus légère. Évoquant une invitation faite au Premier ministre à prendre un café, le maire a rapporté que ce dernier lui avait répondu qu’il n’en prenait pas, se présentant comme un « Ndongo Daara » et préférant le thé. Une réponse qui n’a pas empêché l’édile de lui adresser une nouvelle invitation, cette fois autour du « café Touba », présenté comme une boisson emblématique du monde mouride.
Avec cette remise officielle à Dakar-Plateau, la Place de l’Indépendance entre ainsi dans une nouvelle étape, celle de la préservation d’un espace dont la vocation dépasse largement l’aménagement urbain. Car derrière les pavés et les nouveaux équipements, c’est une partie de l’histoire politique et nationale du Sénégal que la municipalité entend désormais remettre au cœur de Dakar.
 
 
Fatou DIOP
 
 
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