A CAUSE DE RISQUES PERSISTANTS DE REFINANCEMENT S&P Global Ratings dégrade les notes de crédit du Sénégal à Ccc+/C avec une perspective négative




 
 
 
 
 
L'agence de notation S&P Global Ratings a abaissé les notes de crédit du Sénégal de « B-/B » à « Ccc+/C » avec une perspective négative de la note à long terme en monnaie locale en raison de risques persistants de refinancement à cause d’une dépendance croissante au marché régionale.
 
 
 
 
 
Le 27 mars 2026, l’Agence de notation S&P Global Ratings a encore dégradé la note du Sénégal. En effet, S&P Global Ratings a abaissé les notes à long et court terme en monnaie locale du Sénégal de « B-/B » à « Сcc+/С » avec une perspective négative de la note à long terme en monnaie locale. L’Agence a également confirmé les notes à long et court terme en devises étrangères à « Ccc+/C » avec aussi une perspective négative de la note à long terme en devises étrangères. Selon l’agence de notation, le Sénégal, avec des besoins de financement bruts estimés à environ 26% du Pib en 2026, et en l'absence de progrès significatifs en vue du renouvellement d'un programme du Fmi, sa dépendance croissante au marché régional de la dette accentue le risque de refinancement. A en croire S&P Global Ratings, les financements régionaux s'accompagnent généralement d'échéances plus courtes et de coûts plus élevés que la dette commerciale et concessionnelle en devises étrangères, à laquelle l'État a partiellement perdu accès par suite des conclusions de l'audit de sa dette. « Le budget 2026, qui vise une consolidation budgétaire ambitieuse, s'avérera difficile à mettre en œuvre, car les répercussions du conflit au Moyen-Orient font grimper les dépenses publiques, notamment les charges d'intérêts, que nous estimons à environ 25% des recettes publiques », ajoute l’agence de notation.
 
Risque d’une nouvelle dégradation
 
L’agence est, en outre, revenu sur le scénario pessimiste d’une éventuelle dégradation prochaine de la note du Sénégal. « Nous abaisserons notre notation du Sénégal si les pressions de refinancement s'intensifient davantage, ou si une détérioration des performances budgétaires entraînait des besoins de financement nets supérieurs à nos projections actuelles », fait remarquer S&P Global Ratings qui estime cependant que l’effet contraire peut se produire. « Nous pourrons relever la perspective à stable si la croissance économique et les performances budgétaires du Sénégal dépassaient nos projections et si les autorités renouvelaient un programme du Fmi sans recourir à une restructuration de la dette rétablissant ainsi l'accès à des financements concessionnels et atténuant les pressions extérieures et budgétaires », indique l’agence de notation.
 
Rare de voir un tel ratio d’endettement sans défaut
 
Par ailleurs, l’agence S&P Global Ratings a rappelé que le Sénégal figure parmi les États souverains les plus endettés au monde, classés selon des critères spéculatifs. Sa dette publique s'élevait à 118% du Pib en décembre, selon les estimations. En intégrant les engagements des entités liées à l'État (environ 9% du Pib) et les arriérés (environ 4% du Pib) inclus dans les estimations du Fmi pour fin 2024, ce ratio serait plus proche de 131%, en supposant que ces composantes restent globalement stables en pourcentage du Pib. Selon toujours l’agence de notation, rares sont les marchés émergents qui ont réduit leurs ratios d'endettement à de tels niveaux sans croissance significative, sans compromis, voire sans défaut de paiement.
 
M. CISS
 
 
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