A l’ouverture de la 6e édition du salon Sen habitat, le ministre Bala Moussa Fofana a annoncé le lancement prochain du programme de renouveau urbain et d’habitat souverain qui sera marqué par une réduction drastique des coûts de construction notamment avec l’utilisation de matériaux locaux. Il en veut pour preuve le logement F3 qui va passer de 24 millions à 19 millions, soit une réduction 5 millions pour le bénéficiaire.
Le ministre de l’Urbanismes, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Moussa Bala Fofana a présidé l’ouverture de la 6e édition du salon Sen habitat 2026 en présence des acteurs publics et privés du secteur de l’habitat, de l’immobilier, de la construction, etc., sous le thème : « l’habitat souverain ; Sunu Dekkuwaay ». A en croire le ministre, l'habitat n'est pas un bien spéculatif, mais une condition fondamentale de la dignité humaine. Malheureusement, la réalité est tout autre. « À Dakar, plus d'un ménage sur deux est locataire. Le poids écrasant des loyers étouffe les budgets des familles, les privant de ressources essentielles pour éduquer leurs enfants, soigner ou investir dans l'avenir […]. Une ville ne se résume pas en un alignement de bornes foncières. Elle nait d'une vision stratégique, d'un aménagement préalable et d'un investissement cohérent », fait remarquer Bala Moussa Fofana qui annonce, dans la foulée, le déploiement du programme national de renouveau urbain et d'habitat souverain. « Le temps de la conception est accompli. Nous entrons dans le temps de l'action et du chantier », indique le ministre qui révèle que dans chaque projet agréé, l’État exige un équilibre républicain : 50% de logements accessibles et 50% de programmes libres garantissant à la fois la solidarité nationale et la rentabilité économique des investisseurs. « Pour soutenir ce modèle, nous activons des leviers inédits. La mise en place d'un fonds renouvelable de préfinancement des voiries et réseaux divers. À ce titre, un besoin résiduel prioritaire de 29 milliards a été identifié pour achever des réseaux des programmes bloqués », dit-il. Ce qui lui fait dire qu’aucun logement construit ne restera inoccupé, faute d'eau, d'électricité ou de route. S’y ajoute la réduction drastique des coûts de construction grâce aux matériaux locaux.
Le logement F3 peut passer de 24 millions à 19 millions
Un changement de paradigme qui sera bénéfique pour les bénéficiaires de logements. « Nos simulations financières démontrent qu'en agissant conjointement sur le foncier, sur la fiscalité ciblée, sur les Vrd avec les matériaux locaux, le coût d'un logement de F3 de référence de 75 m² peut-être abaissé de près de 24 millions à 19 millions de francs Cfa, soit près de 20% d'économie directe au profit des ménages sénégalais », explique Moussa Bala Fofana qui précise que l’habitat souverain s'appuie sur une réserve foncière nationale stratégique de près de 17.800 hectares identifiés et en cours de sécurisation sur l'ensemble du territoire national. « Sur l'axe Dakar Thiès, Mbour, plus de 5600 hectares sont en aménagement sur des sites tels que Daga Kholpa, Déni Birame Ndao, Yenne, Diacksao, Bambilor pour créer de véritables éco-cités intégrées. Le joyau de cette ambition est la nouvelle ville de Thiès. Son master plan qui sera bientôt dévoilé permet à terme la création de 130.000 logements répartis dans une centaine d'éco-quartiers formant une centralité urbaine moderne, universitaire, industrielle et résiliente. Cette dynamique d'équité s'étend sur toute la nation. 900 hectares en préparation à Notto Diobass, 40 hectares d'aménagement urbain industriel à Diourbel, le déploiement de 36 zones d'aménagement concerté à Touba, les opérations d'envergure de Saint-Louis, Gandon, Kaolack, Kédougou sur l'ensemble de nos capitales régionales », ajoute le ministre de l’Urbanisme.
45.000 logements à Dakar, Pikine, Guédiawaye … d’un coût de 1100 milliards sur 15 ans
Au total, ce sont, dit-il, 14 sites prioritaires à court terme représentant 17.650 logements immédiat intégrés dans un portefeuille global d'investissement évalué à 1875 milliards de francs Cfa. En effet, avec des villes nouvelles, l’Etat engage la régénération des métropoles existantes à Dakar, Pikine, Guédiawaye, Thiès et Saint-Louis. « Le plan de restructuration urbaine cible 300 hectares pour générer 45.000 logements décents à travers la densification soutenue par un investissement prévisionnel de 1100 milliards de francs Cfa sur 15 ans », annonce M. Fofana. S’agissant des bâtiments dégradés et menaçant ruine, il révèle qu’un projet de traitement de ces bâtiments a été lancé. « Un audit identifie 14.000 édifices à diagnostiquer à travers l'échelle nationale. Rien qu'à Dakar, notamment à la Medina, Colobane, Biscuiterie et Grand Dakar, une première tranche d'urgence de 14 opérations prioritaires pour 24 milliards francs Cfa est engagée pour reconstruire et reloger en toute sécurité », annonce le ministre.
33.000 logements par an pour résorber le déficit de 500.000 logements
En outre, pour résorber le déficit national estimé à plus de 500.000 unités de logement, Bala Moussa Fofana annonce que la feuille de route du gouvernement prévoit la production régulière de 33.000 logements par an, soit près de 800 milliards en termes d'investissement dans l'économie nationale.
M. CISS