En présidant la cérémonie de remise de distinctions du concours général, le chef de l’Etat a rappelé que la première infrastructure stratégique d'une nation n'est ni une route, ni un port, ni un aéroport, mais son école. Aussi, a-t-il invité les élèves honorés par la République à servir demain cette même République. Il n’a pas cependant manqué de déplorer le faible taux des inscriptions dans les filières scientifiques, techniques et de l’innovation en dépit des ambitions du gouvernement de faire de ces secteurs sa priorité.
Le président de la République Bassirou Diomaye Faye - bien qu’enrhumé - a tenu à présider, hier, au Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Rose la cérémonie de remise de distinctions aux lauréats du Concours général qui consacre la fête de l’excellence scolaire. En présence aussi du Premier ministre, de membres du Gouvernement, de la marraine Eva Marie Coll Seck, des enseignants, des élèves, etc. « Dans un monde où tout semble aller toujours plus vite, où les certitudes vacillent sous l'effet de mutations géopolitiques, scientifiques et technologiques, cette cérémonie nous rappelle une vérité immuable. Cette qu'aucune nation ne peut durablement prospérer sans placer l'intelligence de sa jeunesse au premier rang de ses priorités. Le Concours Général n'est donc pas seulement une compétition scolaire, il est devenu, au fil des années, un rituel républicain », a d’emblée déclaré le chef de l’Etat à cette édition qui célèbre le 60e anniversaire du Concours général. « Nous avons souhaité qu'il soit également un moment de mémoire et de transmission », ajoute-t-il.
Un ouvrage commémoratif du concours général
Dans ce cadre, le chef de l’Etat a décidé d’immortaliser toutes ces années d’excellence. « J'ai voulu qu'un ouvrage commémoratif retrace cette aventure intellectuelle et humaine. Il restera comme un patrimoine documentaire au service de notre mémoire éducative et une source d'inspiration pour les générations futures », renchérit le président de la République qui estime que la célébration va se poursuivre à travers une exposition lancée hier. « Cette exposition nous rappelle que derrière chaque prix décerné se trouve un travail acharné, des enseignants dévoués, des familles engagées et une République qui n'a jamais cessé de croire à l'excellence de son système éducatif », dit-il.
Bdf à Awa Marie Coll Seck : « Votre parcours est un hommage rendu à l'intelligence »
Poursuivant, le chef de l’Etat n’a pas manqué de rendre hommage à la marraine du Concours général, en l’occurrence le Professeur Awa Marie Coll Seck. « Votre parcours est un hommage rendu à l'intelligence, à la rigueur scientifique et au service de l'intérêt général. Médecin, universitaire, syndicaliste, académicienne, chercheuse de renommée internationale, ancienne ministre de la Santé, vous avez consacré votre vie à une cause qui dépasse les frontières : la protection de la vie humaine. Votre parcours dit une chose simple : il dit que l'excellence ne vaut que par l'usage que l'on en fait, il dit surtout qu'une femme formée à l'école sénégalaise peut peser sur les plus grandes décisions internationales. À travers vous, c'est toute une génération de jeunes Sénégalaises et de jeunes Sénégalais qui comprend que les plus hautes valeurs et les plus hautes responsabilités ne sont jamais le fruit du hasard. Elles sont la récompense du travail, de la discipline, de la persévérance et du sens du devoir », indique-t-il. Dans la foulée de son speech, le président Faye a également rendu un hommage appuyé aux vaillants soldats du savoir. « Votre métier est noble et utile. Chaque leçon que vous délivrez constitue une pierre précieuse qui enrichit le patrimoine national. C'est la raison pour laquelle l'État attache une grande importance à votre mission. Il attend de chacun d'entre vous que vous continuiez à incarner ce qui fait la noblesse de votre vocation : l'exemplarité, la rigueur, le sens du devoir, l'amour de la patrie. Enseigner, ce n'est pas seulement transmettre des connaissances. C'est éveiller des consciences. C'est donner à chaque enfant la certitude qu'il peut dépasser les limites que les circonstances semblaient lui imposer », martèle Bassirou Diomaye Faye.
Aux lauréats : Demain, la République vous appellera à la servir
S’adressant, en outre, aux récipiendaires, il dit attendre d’eux de rendre l’ascenseur à l’Etat. « Chers lauréats, aujourd'hui, la République vous honore. Demain, elle vous appellera à la servir », lance le chef de l’Etat, avant de poursuivre : « Vous êtes parmi les meilleurs de votre génération, mais souvenez-vous toujours que l'excellence n'est jamais un privilège. Elle est le fruit de l'effort. Votre nation attend désormais que vous mettiez ces talents au service d'une ambition plus grande que vous-mêmes. Elle ne vous demande pas d'être les meilleurs pour vous-mêmes, elle vous demande d'être les meilleurs pour le Sénégal », exhorte le président Faye, persuadé que la plus belle victoire du Sénégal ne se remportera pas dans un stade. « Elle sera celle d'un peuple qui aura choisi de faire de l'intelligence, du mérite et du bien commun les fondements de sa destinée », conclut le président Diomaye.
La première infrastructure stratégique d'une nation est son école
Par ailleurs, il a rappelé que l'Agenda national de transformation Sénégal 2050 traduit la volonté d'un peuple de prendre pleinement en main son destin, de renforcer sa souveraineté sous toutes ses formes et de préparer les générations futures à relever les défis d'un monde en mutation profonde. « Cela m'engage à dire avec solennité que la première infrastructure stratégique d'une nation n'est ni une route, ni un port, ni un aéroport : la première infrastructure stratégique d'une nation est son école », affirme le président Faye qui fait remarquer que la plus grande richesse d'une nation ne se trouve ni dans son sous-sol, ni dans ses infrastructures, ni dans ses statistiques. Elle réside, dit-il, dans l'intelligence de son peuple. Ainsi, aux historiens qui écrivent pour la postérité, il souhaite qu'ils puissent écrire que « le Sénégal a fait le choix de bâtir sa souveraineté par le savoir, sa prospérité par la mathématique, la science, la technologie et l'innovation, sa cohésion par le respect du bien commun et son rayonnement par l'excellence ».Autant de raisons qui confortent l’engagement du gouvernement à faire des mathématiques, des sciences et des technologies, mais aussi de l'innovation, une priorité nationale. C’est dans ce cadre que s’inscrit la création du Lycée Scientifique d'Excellence de Diourbel, mais aussi le déploiement des lycées Nation Armée pour la qualité et l'équité, etc.
Les résultats, pas à la hauteur des ambitions du gouvernement
Seulement, le chef de l’Etat est au regret de constater que les résultats ne sont pas à la hauteur des ambitions du Gouvernement. « Pour preuve, la plupart des effectifs dans les séries scientifiques au niveau du secondaire général a globalement oscillé autour de 20%, stagnant entre 21,7% en 2020 et 21,4% en 2025. Dans la même perspective, la part des effectifs de nouveaux inscrits en seconde S dans les effectifs de seconde a régulièrement baissé, en passant de 27,5% à 25,8% », informe le président Faye qui appelle à inverser cette tendance, en privilégiant, dit-il, les séries scientifiques et techniques dans le cadre de la refondation du système éducatif. « Nous devons unir toutes les forces et intelligences de la communauté éducative pour éradiquer la situation tragique de trop nombreux lycées sans terminale S1, le fleuron de notre système éducatif et le creuset de l'excellence, comme les résultats des six décennies du concours général l'ont démontré », tranche le président Faye décidé à construire un Sénégal où aucun talent persiste-t-il, ne sera laissé au bord de la route.
M. CISS